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La prise des auspices était aussi obligatoire pour l'entrée en fonetion des magistrats et des prêtres. Cetie première prise d'auspices s'appelait linauguration; elle devait être favorable : c'était la confirmation divine du choix fait par les hommes. Mais elle ne S'opérait pas de la même manière pour les uns et les autres. Les magistrats ayant été présentés une premitre fois à Jupiter lors de leur élection, puisqu'à ce moment on avait pris les auspices, n'avaient pas besom de l'être à nouveau. IIS s’inaucuraient done eux-mêmes, comme le faisaient les rois. Ils consultaient, à cet effet, la divinité dès leur entrée en charge, sur le point de savoir st leur administration serait utile au peuple romain. Au contraire, les prêtres, pontifes, flamimes et augures étaient solennellement présentés aux dieux dans les comices calates présidés par le grand pontite (D.
Mais c'est surtout pour la tenue des assemblées délibérantes que lPemploi de la divmation officielle était exisé. Le Sénat ne devait pas être convoqué «ailleurs que dans un lieu circonserit par les augures et appelé templum » (2): le président devait de plus immoler-une victime et prendre les auspices avant la réunion: sinon la délibération et les décisions prises étaient illégales (3). Quant aux assemblées du
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. Bouché-Leclercq, 09: cét., IV, p. 245.
2, Varron dans Aulu-Gelle, XIV, 7.
Do LOT:
peuple nous avons vu, dans le chapitre précédent, qu'il fallait avoir le droit d'auspices pour les convoquer, et il est bien entendu qu'avant de le faire, on devait au préalable consulter les dieux. Si quelque irrégularité se glissait dans cette prise d’auspices, l'élection était vicieuse et les élus forcés d’abdiquer le pouvoir.
Nous avons vu également, dans les pages qui précèdent, les formalités qu'un général était obligé de remplir avant son départ pour la guerre, afin d'être assuré du concours des dieux. Le droit augural avait réglé avec minulie tout ce qu'un chef d'armée devait faire pour être certain de ce concours. Dans les camps romains 11 devait vŸ avoir au milieu une enceinte de deux cents pieds carrés, dont lun des côtés était dit Pauçgural. « Là, écrit Dezobry (D), on prend les auspices ; on sacrifie sur un petit autel de gazon où brillent des feux toujours flambants. Cette enceinte représente comme le sol de là patrie, où les auçures doivent toujours être pris. » Saaf le cas de force majeure, un cénéral ne doit rien -faire sans avoir pris l'assentiment des dieux.
Mais quelle peut être la sanction de ces règles du droit augural? La guerre n'est pas une question de droit, €est une question de fait. Une bataille ne peut pas être annulée comme on annule un vote,
1. Rome au siècle d'Auguste, \V, p. 232, avec renvoi à Quint. Inst. orat., VIII, 2, 8.
mais que le général prenne garde! Il est responsable de l'observation des rites divinatoires. A-til été vaineu, après les avoir négligés? On ne manquera pas d’atiibuer la défaite à son mépris des règles et on lui en demandera compte.
En pratique, croyants ou non, les généraux prenalent ordinairement grand soin de leur observation. Les auteurs militaires de lantiquité recommandent sérieusement lemplor des pratiques divinatoires.
Onosander éerit à ce sujet : « I faut toujours offrir des sacrifices avant de conduire l'armée à l’ennemi. Le général doit avoir des sacrificateurs et des devins à sa suite. La connaissance des entrailles des victimes est aisée et elle lui sera très avantageuse... Les (roupes ont toujours plus de valeur et obéissent plus promptement lorsqu'elles croient être assurées de l’approbation des dieux. L'annonce des auspices favorables à l’armée rassure chaque mdividu, s'ils sont contraires il faut rester dans une inaction totale, sans qu'aucune circonstance puisse obliger d'agir » (4).
Onosander vivait au premier siècle de notre ère, à une époque où la divination, battue en brèche par la philosophie, succombait sous l'effort du scepticisme. Mais dans les premiers temps de Rome, alors que chefs et soldats avaient en elle une for vive, iln'était pas besoin d'en recommander Pemplor. Et les auteurs
1. V. Biblioth. hist. et Milit., publiée par Ch. Liskenne et Sau- Mau telle /p. 4216
citent plus d’un exemple de lobservance militaire des règles augurales. Témoin le consul Fabius qui reste inactif et n'ose faire franchir le Vulturne à ses troupes en raison des auspices défavorables (1). Témoin les légions qui restent à Rome parce qu'on n'avait pas observé les formalités voulues pour leur convocation (2).
Lorsque le consul Claudius Pulcher voyant que les poulets sacrés ne mangealent pas, les avait fait jeter à la mer en disant : « Eh bien ! qu'ils boivent »: lorsque son collègue L. Junius s'était avisé de combattre sans auspices, qu'étaitil arrivé ? Claudius fut vaincu par l'ennemi; et Junius fut vaincu par la tempête, © Ces attaques prématurées. contre une religion solidement établie, écrit Savous, tournaient à la confusion de leurs auteurs. Les dieux semblaient punir ceux qui les négliceaient où les tournaient en dérision » (3). Junius eut recours au suicide afin d'échapper à la sentence qui attendait à Rome pour avoir combattu sans le secours des dieux.
Les exemples du mépris d’un général pour la divination sont rares. Pourtant, le droit augural militre finit par tomber en désuétude. Cicéron constate que de son temps iln'est plus observé : « Nos ancêtres,