‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 56 sur 102 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

plus noble et plus considéré de se marier en consuliant les augures, la plèbe chercha à imiter ses maîtres et finit par y parvenir. D'ailleurs, les patriciens durent d'autant moins S'y opposer qu'il y avait Rà pour eux «un moyen indirect d'empêcher un mariage qui n'était pas à leur convenance » (1) ou du moins de le retarder,

S IV. — Des irrégularités commises dans la prise des auspices et de leurs conséquences.

« Que tout ce que l'augure aura déclaré irrégulier, dit Cicéron, contraire à la religion, vicié et funeste, soit nul et non avenu:et que la désobéissance soit crime capital » (2). Un magistrat élu avee un vice dans la consultation divine qui accompagne son éleclion, est forcé de quitter immédiatement le pouvoir sans avoir la faculté de se porter à nouveau candidat (3). Une loi votée contrairement aux règles augurales est réputée inexistante. Il en est de même pour tout décret rendu dans de pareilles conditions.

1. Zid., p. 220. 2. Cic. Legses, |], 8, 3. Dion Cassius, LIV, 24.

Le vice n'était découvert parfois qu'après un temps assez long: mais il n'y avait pas de prescription en la matière; la nullité n’était pas susceptible d’être couverte. Pourtant, elle n’était pas admise de plem droit dès que l’irrégularité commise était signalée par un augure. La question était jugée d’abord par le collège augural (4), qui prononçait comme une sorte de cour de cassation ; le sénat transformait son décret en sénatus-consulte pour le rendre exécutoire. Lorsqu'il s’agit d’une élection entachée d'irrégularité, on a som de ne pas la casser brutalement, sans doute par respect pour le suffrage populaire et la bonne foi de l'élu. On invite seulement ce dernier à abdiquer, ce qu'il ne tarde pas à faire. De la sorte « un magistrat ouio creatus n'en conserve pas moins le caractère de magistrat » (2).

Les magistrats plébéiens, de même que les patriciens, étaient suscephbles d’être vitio creati. J.-N. Madvig dit à ce propos : « Les comices par tribus avaient leu en cénéral sans auspices, attendu que les magisrats plébéiens n'étaient pas qualifiés pour les prendre ; mais on n'en devait pas moins tenir compte des signes et des prodiges de nature à les empêcher, qui pouvalent être observés et annoncés (obnuntiatio), par conséquent un tribun pouvait être aussivitio creatus »(3). MTtellive XIV. 12: VIT 10 0e.

Varron. Zingua latina, VX, 30.

. L'État romain, par J.-N. Madvig, traduction de Ch. Morel. DA. ,

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Conformément aux décisions augurales, on voit des abdications de dictateurs en 368, 337, 324, 321, 217 (1); de consuls en 215 et 162 (2); de tribuns militaires à puissance consulaire en 444 et 397 (3); de censeurs en 380 (4); d’édiles eurules (5); de tribuns en 292 (6); d’édiles plébéiens en 2092 (7) et de maître de la cavalerie (8).

Les exemples sont, comme on le voit, assez nombreux et nous ne les connaissons pas tous. « Sipour deux ou trois d’entre eux, écrit à ce sujet M. Fustel de Coulanges, il est permis de croire que le Sénat fut bien aise de se débarrasser d’un consul ou inhabile où mal pensant, la plupart du temps, au coniraire, on ne peut pas lui supposer d'autre motif qu'un scrupule religieux » (9). Si l'aristocratie romaine se servait du droit augural comme d’un moyen de gouvernement, par contre, elle était parfois l’eselave de cet instrument. Lorsque le consul Marcellus abdiqua parce qu'il avait tonné lors de son entrée en fonctions (10), le peuple avait bien dû entendre le gronde-

lite léive M8 VIA 15; 67293; EX 7, 2. Tite-Live, XXHI, 31.

lite-ive, IV, 07; Vite LeTite-Live.Vl:27%

51 Dion Cassius, LIV, 24

6alite Live, X, 47

Hit rive XX 39;

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