‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 62 sur 102 · Tlid · texte numérisé non relu

Tlid

THÉORIES JURIDIQUES 137 quel sens il faut se décider, quelles lois on devra faire où ne pas faire. Faut-il s'attendre à voir apparaître alors une sorte d'obnuntiation scientifique ! Ce qu'on peut dire, c'est que pour la bonne marche des affaires, les savants devront être d'accord entre eux et d'accord avec les gouvernants, Comme jadis à Rome les magistrats et les augures.

$ I. — Collège augural.

1° Origine du Collège, son recrutement.

Nous avons entrevu, dans les chapitres qui précèdent, la complication savante des règles du droit augural. On conçoit sans peine que l'application exacte de ces règles nécessitait des connaissances spéciales, et que ces connaissances n'étaient pas à la portée du vulgaire. Des spécialistes ont dû se former tout naturellement : mais comme leurs décisions pouvaient avoir une grande influence sur la direction des affaires publiques, État en vint, tout naturellement aussi, à confier l'interprétation des méthodes augurales à des hommes de son choix. La divination officelle ne pouvait bien, qu'à cette condition, jouer le

Ÿ rôle véritable pour lequel elle à été conservée, c'està-dire être aux mains des gouvernants un puissant instrument politique.

Les augures publics du peuple romain, c’est ainsi qu'on les avait désignés (1), ne sont à proprement parler ni des magistrats, ni des prêtres. Ils ne desservent pas un culte quelconque et n'ont pas le droit d'auspices en leur qualité d’augures publics, bien qu'ils soient choisis parmi les personnes les plus considérables de la cité. Ce sont plutôt des jurisconsultes ou, comme les appelle M. A-M. Berthelot (2), des casuistes dont les magistrats requièrent lassistance pour consulter la divinité et aux lumières desquels le Sénat à recours dans certains cas. Pour Cicéron, les augures publics sont les interprètes de Jupiter (3). Mais ces interprètes ne connaissent, en fait de langues divinatoires, que lauspication, langage officiel.

La tradition voulait que le collège augural remontât à Romulus:; celui-ci, bien qu'excellent augure luimême (4), avait choisi, dans chaque tribu, un devin pour l’assister (5). Le collège fut augmenté de deux

Page 1