‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 7 sur 102 · Voir: ABerthelot et Didier, 02. c:4. Ai, PAGE · texte numérisé non relu

Voir: ABerthelot et Didier, 02. c:4. Ai, PAGE

3. Manuel d'Archéologie étrusque et romaine, p. 40 cf. p.27 et suivantes.

capables d’influer sur la vie des États, il en faut distimguer deux sortes : D'une part les idées de la classe instruite, changeantes et variables au moindre souffle de la philosophie ; d'autre part les idées populaires, beaucoup plus obscures, plus vagues, mais plus fixes et ne se laissant que difficilement pénétrer par la turbulence révolutionnaire des philosophies successives. Le législateur s'inspire où mieux subit l'influence des unes et des autres. Lorsqu'il y a divergence entre les conceptions du peuple et celles des plus instruits, 1l faut généralement qu'une transaction intervienne et les institutions publiques en portent l’empreinte.

A Rome, au temps de Numa, nous ne savons pas exactement €e qui S'est passé; nous n'avons pas découvert l'indice d’une lutte quelconque : nous voyons seulement les premiers législateurs romains utiliser la divination comme une force précieuse pour la faire servir au maintien de l'ordre. Il est probable qu'il y avait alors unanimité de croyances sur ce point.

Mais quel était à ce moment la définition exacte de la divination, dont l'État s'était emparé pour en faire le droit augural ? Comment l'idée primitive s’estelle insensiblement modifiée pour en arriver à disparaître dans la classe instruite au temps de Cicéron ? Nous en sommes réduits là-dessus à des conjeciures.

Il est à présumer qu'à Pinstar de presque toutes les conceptions humaines, elle à dù surgir d’abord des rangs de l'aristocratie intellectuelle, pour se

répandre de là dans les masses ignorantes, qui finissent par s’en rapporter aux plus intelligents. La même idée peut être science pour Île savant et croyance pour Fhomme vuleaire. Ensuite, au cours de son évolution, c’est dans la classe instruite, où elle avait pris naissance, qu'elle à naturellement commencé à pâlr. Ce n'est qu'à son déclin philosophique que les auteurs

commencent à nous renseigner.

Passons en revue les définitions les plus courantes.

L'école stoicienne définissait la divination par la bouche de Chrysippe : «une vertu qui connait, voit et explique les signes envoyés par les dieux aux hommes; vertu dont l'emploi est de pressentir les dispositions des dieux envers les hommes, ce qu'ils leur pronostiquent et ce qu'on doit faire pour les apaiser et se les rendre propices » (4). Pour Plutarque, elle consiste dans la connaissance de l'avenir. Il se fait en cela l'écho des théories de Platon, qui voulant modeler l'âme d’après les lois de la symétrie, tenait à placer dans l'intelligence humaine une faculté spéciale tournée vers l'avenir pour faire pendant à la mémoire tournée vers le passé. |

Enfin, au début de son traité de la Divination, Cicéron dit qu'il existe «un pressentiment et une science des choses futures ».

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