‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 90 sur 102 · Zbid., p. 271, avec renvoi à l'acite, Awn., VI · texte numérisé non relu

Zbid., p. 271, avec renvoi à l'acite, Awn., VI

physiologie ? Non, l'esprit romain n'est pas tourné du côté des sciences positives. La divination Y supplée ; c’est un système de connaissances complet, qui se suflit à lui-même, qui comble tous les vides du cerveau et en exclue tout autre système. À part le droit, l’éloquence et l’histoire, on dédaigne toutes les sciences. La médecine est abandonnée aux esclaves (1) ; les personnages riches se paient des esclaves savants, comme un objet de luxe (2).

La divination fut au contraire le soutien de Ja religion antique, car elle la faisait vivre avec tout l'élément de merveilleux qu'elle v introduisait. Elle en faisait partie intégrante. Le droit augural à lui seul en était la moitié. « La religion, écrit Cicéron, a d’abord consisté dans les auspices et dans les sacrilices, à quoi on à ajouté les prédictions après prodiges, expliqués par les interprètes de la sibvlle et les haruspices » (3).

Vovons maintenant le résultat de l'introduction des pratiques augurales dans la constitution de Rome. Tous les auteurs s'accordent à reconnaître que la

1. Vallon. 354. de l'esclav. dans l'ant. t. \|, p. 433. 2. éd, pp. 117-118:

DCI rer, INR

divination officiellement organisée constituait un moven de gouvernement des plus puissants (1). La croyance aux auspices et l’obéissance aux augures maintenaient dans la vie publique une grande unité d'action, assurément nécessaire pour réaliser de grandes choses. Cette unité d'action fut, dans les premiers siècles, le résultat de la croyance générale. Lorsque la foi vint à disparaître dans la classe dirigeante, le droit réciproque d'obnuntiatio dont les magistrats jouissaient, et le droit de nuntiatio des augures personnages influents de la cité, forçaient tous les çouvernants à se mettre daccord et à agir de concert, faute de quoi ils se paralvsaient les uns les autres. Le respect de la divination officielle introduisait dans l'État une sorte de discipline civile, qui permettait de diriger tous les eflorts des citoyens vers un même but et de Patteindre. Au moment de lintroduction de la science augurale comme religion d'état, dit M. Duruy : « c'était un moven d'autant plus sûr de gouvernement, que tous gouvernants et gouvernés v ajoutaient une foi entière » (2).

En fait le droit augural fut une armeredoutable aux mains de laristocratie qui S'en servit longtemps

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