‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 91 sur 102 · Voir entre autres : Manuel des Ant. rom., t. NI, Ze Culte · texte numérisé non relu

Voir entre autres : Manuel des Ant. rom., t. NI, Ze Culte

chez les Romains, par Marquardt, pp. 6465. — Bouché- Leclerca, 09. cif., IV, p. 174. — V. Duruy, Æs/. des Rom., pe

2, \N. Duruy. 78:24.

pl RÉSUMÉ ET CONCLUSION

pour se maintenir au pouvoir. Lorsque la plèbe parvint à entrer dans le collège des augures, les maîtres de la cité continuérent à Putiliser pour diriger les-

prit du peuple par suggestion.

Nous avons vu le savant formalisme dont le droit augural avait entouré les élections des magistrais et le vote des lois. De la façon dont il les avait organisés, ce n'est plus qu'une ratification par le peuple ratification le plus souvent forcée, du choix censé fut par les dieux. Or, on avait si bien sophistiqué la science augurale que le président des comices arrivait aisément à identifier la volonté divine avec sa volonté propre. Et cette manière de procéder facitait singulièrement le maintien du même parti au pouvoir. Mais, comme le dit si bien M. Fustel de Coulanges, « on se tromperait fort si l’on ne voyait en tout cela qu'une ruse imaginée par l'aristocratie. Une telle ruse ne se conçoit pas dans les siècles où l'on croyait à cette religion. Politiquement, elle était inutile dans les premiers temps, puisque les patriciens avaient alors la majorité dans les suffrages. Elle aurait même pu tourner contre eux en investissant un seul homme d'un pouvoir exhorbitant. La seule explication qu'on puisse donner de ces usages, ou plutôt de ces rites de l'élection, c'est que tout le monde croyait très Sincèrement que le choix du magistrat N'apparlenait pas au peuple mais aux dieux. L'homme qui allait disposer de la religion et

de la lortune de la cité, devait être révélé par la voix divine » (1).

L'introduction des pratiques augurales dans le fonctionnement de la constitution, eut pour conséquence de donner aux représentants officiels de la divination une influence colossale. M. Dezobry écrit à ce propos : € Quand on réfléchit que la guerre, la paix, l'élection de tous les magistrats, les lois et souvent l'administration de la justice dépendent des comices du peuple; que les augures ont le droit d'empêcher ou de rompre ces “assemblées en déclarant qu'elles ne paraissent pas agréables aux dieux, ou en annonçant qu'ils consultent les auspices ; que leur influence va Jusqu'à faire abdiquer des magistrats en fonctions, en dénonçant simplement leur élection comme avant été vicieuse : on peut dire hardiment que les auqures sont comme les rois de la République, d'autant mieux qu'à ce pouvoir immense, ils joignent encore le privilège de linamovibilité » (2).

La divination officielle ne servait pas seulement aux maitres de la cité à se maintenir au pouvoir ; elle leur procurait encore des facilités étonnantes pour “exercer Padministration. Leur responsabilité était en quelque sorte à couvert par la prétendue volonté des dieux, derrière laquelle ils pouvaient toujours S'abriter. Un magistrat avait-1l Tieu de regretter

AZ Criténantigue, p: 210.

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