‹ Le Droit Augural Et La Divination Officielle Des RomainsChapitre 93 sur 102 · Horoy. O4. cit. deux. partie, p · texte numérisé non relu

Horoy. O4. cit. deux. partie, p

l'élection d'un fonctionnaire indigne, par le peuple ! Mas aussi combien cette discipline était docile quand il s'agissait de découvrir des présages heureux ou funestes ! On avait étendu aux auspices la maxime légale, qu'une loi postérieure déroge aux lois antérieures, et l’on avait ainsi rendu tout observateur arbitre des auspices » (D).

Et plus loin il ajoute : € L'utilité éminente de cette insllulion ne résidait point, à mon avis, dans son côté positif, qui le faisait servir au gouvernement de moyen d'inspirer confiance au peuple et de ménager le respect et lobéissance à ses dispositions, grâce au consentement obtenu des dieux : cette utilité ressortait plutôt 6e sa fonétion négative, c'est-à-dire de son efficacité à arrêter et imvalider les mesures politiques » (2).

Les hommes d'État contemporains mettent tout leur amour-propre à ne pas se déjuger. S'ils reconnaissent qu'ils obt eu tort, on met cette erreur sur le compte de leur incapacité et ils baissent d'autant dans l'opinion publique. Les magistrats romams, au contraire, pouvaient changer d'avis, grâce à la divination, sans craindre cet inconvénient. Avaient-1ls fait fausse route ? Vite ils revenaient sur leurs pas, au lieu de pousser leurs théories à bout, pour le

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malheur de la cité, comme se croient quelquefois 6blisés de le faire, les hommes politiques modernes.

« Les dieux immortels, dit Cicéron, ont souvent arrêté par des auspices linjuste précipitation du peuple » (1). Qu'est-ce à dire? Lorsqu'un projet de loi n'était pas suffisamment étudié, on avait recours à la divination pour en ajourner le vote. La pensée de Cicéron serait peut-être mieux traduite en disant que l'aristocratie s’est maintes fois servie du droit augural pour faire prévaloir dans la République l'élément conservateur.

Dans le fonctionnement de la divination officielle, les livres sibvlilins avaient une place à part. C'était un moyen de faire diversion à l'opinion publique, soit lorsqu'un malheur venait à fondre sur la République, soit lorsqu'on eraignait des troubles et qu’on voulait calmer la Surexeitation des. esprits. Aussi, ne copsultait-on les livres sacrés que sur un ordre du Sénat, dans les srandes occasions. Leurs réponses ne varient cuère, étant donné le service qu'on en attend. [ls réclament généralement lintroduction dans la cité de cultes nouveaux et ordonnent des cérémonies explatoires, le tout accompagné de grandes fêtes, sortes de jubilés. Or comme la remarqué Lange : « l'institution des fêtes religieuses permettait de suspendre pour un temps les agitations politiques » (2).

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