LIVRE III, TITRE IX, DU CONTRAT DE SOCIÉTÉ
les idées encore flottantes sur notre question [i] .
a La maison Pallavicini avait prêté une forte somme à Augustin Sauli , fermier des revenus publics à Rome. Sauli avait plusieurs participants clans son entreprise, entre autres les sieurs Grimaldi ; mais il avait soumissionné seul , et il gérait toute l'administration sous son nom seul , sans que rien révélât au public l'accession de ses nombreux coparticipants.
» Cependant la maison Pallavicini , voulant rentrer dans sa créance, intenta une action contre les Grimaldi , prétendant que c'étaient eux qui avaient préposé Sauli à la ferme en question; qu'en conséquence Sauli n'était que leur institeur et qu'ils étaient tenus solidairement de ses faits, d'après les principes d'équité consacrés en cette matière par les lois romaines et l'édit du préteur [«].
784. » Un institeur, disait-on pour la maison Pallavicini, peut être préposé de deux manières, tacitement et expressément. Exiger une commission expresse , ce serait exposer les contractants à des déceptions; et tout le monde est d'accord que la commission est suffisamment prouvée à l'égard des tiers quand le préposé, se posant publiquement comme tel , gère, exerce, au vu et su du maître qui le souffre et qui par là est censé lavoir commissionné [»]. Or, les Grimaldi ont souffert pendant douze ans la gestion de Sauli ; ils l'ont laissé administrateur général de la ferme dont ils étaient participants; ils ont eu avec lui des rapports commerciaux , qui prouvent la connaissance qu'ils avaient de tout ce que faisait Sauli ; ils l'ont recommandé à leurs amis et correspondants, etc. Au surplus, il y a aussi des actes qui prouvent une préposition expresse [*].
» Dans cet état de choses, la solidarité ne saurait être contestée. Les tiers, qui ont traité avec Sauli , ont suivi la foi des Grimaldi pour qui il travaillait : c'est comme si l'on avait contracté avec eux [si.
» Notez bien que, dans l'acte sous seing privé, passé entre Sauli et les Grimaldi , ceux-ci sont convenus de concourir aux charges de la ferme, et c'est d'ailleurs l'obligation que la loi impose à tout associé.