Mais si cette ignorance n'existait pas
alors disparaîtrait la protection bienfaisante que la loi accorde à la seule bonne foi. La rigueur logique serait d'accord avec la loi morale et le crédit pour retirer aux tiers un bienfait dont ils se seraient rendus indignes par leur connivence.
774. Quelle que soit, au surplus, la source de la connaissance que les tiers ont acquise de la révocation du mandat , qu'elle provienne d'une notification, d'un acte officiel, d'un fait extrajudiciaire, direct ou même indirect , il n'importe ; elle suffit pour constituer les tiers en mauvaise foi [6].
775. Lorsque l'ignorance des tiers fait valider les actes passés avec eux , le mandant a action contre le mandataire, qui, malgré la révocation, a continué à gérer. Le mandat étant fini , le mandataire devait s'abstenir. En méprisant la volonté du mandant, il a assumé une grave responsabilité.
776. Quant au tiers qui a traité, en connaissance de cause, avec le mandataire révoqué, il n'a pas plus d'action contre celui-ci que contre le mandant lui-même [7]. Le mandataire qui agit nomine procuraiorio n'entend contracter et ne contracte, en effet, aucune obligation personnelle avec les tiers ; il se donne pour ce qu'il est, pour un nudus minùter. C'est tant pis pour les tiers qui, malgré la connaissance positive de la révocation de son mandat, ont couru les chances d'un traité fait avec lui [8].
La constitution d'un nouveau mandataire pour la même affaire vaut révocation du premier, à compter du jour où elle a été notifiée à celui-ci.
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