‹ Le Droit commercial comparé de la France et de l'Angleterre, suivant l'ordre du Code de commerce français. Ouvrage théorique et pratique nécessaire à l'application du nouveau traité de commerce du 23 janvier 1860Chapitre 10 sur 259 · XX DROIT COMMERCIAL EN FRANCE ET EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

XX DROIT COMMERCIAL EN FRANCE ET EN ANGLETERRE

et il datait de ce jour le traité dont l’acte de 1860 n’est que la solennelle consécration.

L’éblouissement dont fut frappé l’esprit public par cette gigantesque entreprise ne lui permit pas de saisir, sous les caractères extérieurs du phénomène, l’immense révolution économique dont nos voisins inauguraient avec tant d’intelligence et d’éclat la propagande et l’action.

Par cet acte de hardiesse superbe, le Commerce anglais abdiquait ses hautaines fiertés, son ombrageux esprit de monopole. Il révélait avec une noble confiance à ses rivaux ses supériorités et ses faiblesses ; à l’émulation tolérante, généreuse des industries dorénavant associées dan6 l’intérêt de la richesse générale, il immolait spontanément les vieilles vanités nationales, les orgueils puérils, les rivalités hostiles.

Enfin, dans ce congrès du travail et de la paix se rencontraient les nouvelles patries, guéries de leurs «amies haines, réconciliées dans la foi commune du siècle, la foi au progrès, à la justice, à la liberté, et apportant chacune le glorieux témoignage de ce qu’elle avait ajouté à l’héritage impérissable du génie humain.

La patrie du droit divin, celle qui ne s’affirmait que par la guerre ; celle qui avait pour maxime ; adversus h as ton œterna auctoritas; cette patrie qui supposait nécessairement l’ennemi, maudissait et proscrivait l’étranger ; qui ne comprenait la liberté que par l’antithèse et la nécessité de l’esclavage ; cette patrie n’est plus. Elle s’est dissoute sous l’action économique et éminemment expansive du Commerce qui met en rapport les individus et les peuples, leur

INTRODUCTION

inspire l’estime, le respect et l’amour réciproques, et leur signale leur intérêt autant que leur devoir dans la fraternelle concorde des nations.

Répandu ou dispersé sur le monde, soit par la mystérieuse loi de sa destination, soit par les violences politiques, l’homme trouve une patrie partout où il rencontre sympathie, justice, travail, liberté. Qu’il ait avec lui sa famille ou qu’il la crée à l’étranger, là sera désormais sa patrie, parce que là seront désormais son cœur et son devoir.

Ah ! je respecte et je vénère cette patrie du cœur que la tendresse et le souvenir concentrent autour d’un foyer, autour d’une tombe, que le patriotisme garde et adore dans le culte des glorieuses traditions.

J’aime avec passion cette sublime patrie de 1789, initiant depuis soixante-dix ans le monde à sa foi nouvelle, et dont le drapeau est un signe de rédemption pour les opprimés, de châtiment et de rétribution pour les oppresseurs.

Mais du jour où nos pères ont écrit et promulgué la charte impérissable des Droits de l'homme, décrété la liberté universelle , et ouvert notre cité à tout étranger désireux et digne de ce droit et de cet honneur ; de ce jour la patrie s’élève , s’agrandit , se désintéresse.

Elle n’abdique rien de ses pieuses préférences, de sa religion intime; mais évidemment elle n’est plus absolument le berceau que nul ne choisit, le coin de terre où s’éveillaient enchaînées et marquées à l’avance la conscience

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