XXII DROIT COMMERCIAL EN FRANCE ET EN ANGLETERRE
et la liberté : c’est toute société où l’individu trouve les plus larges satisfactions aux besoins de son intelligence, de 4, son cœur, de sa volonté, où il peut vivre le plus, où sa personnalité n’est point la proie fatale des tyrannies, des servitudes, du malheur.
La patrie c’est un amour et un intérêt associés dans . la justice : elle appartient à l’homme , mais l’homme ne lui appartient pas ! — Encore une conquête, et la plus considérable de toutes, que la conscience a préparée à la liberté.
La cité des peuples, la cité de l’homme commence ; elle procède par la multiplicité indéfinie des rapports individuels et collectifs, par l’abaissement des frontières, et la communion des patries ; et son agent le plus actif, son organisateur le plus infatigable et le plus heureux, c’est le Commerce fidèle à ses nouvelles destinées, le Commerce, manifestation et réalisation suprême de l’industrie humaine, parlant toutes les langues, sachant toutes les lois, ayant pour cortège tous les produits et pour symbole immortel toutes les gloires.
Mais descendons de ces majestueuses perspectives d’où
nous voyons le droit, vainqueur du privilège et de la fatalité, ordonnant le travail dans la justice et la liberté, et consacrons une dernière observation à l’œuvre pratique et modeste accomplie sous cette inspiration.
J’ai brièvement indiqué le plan de ce livre : c’est un exposé et un parallèle complets de la loi commerciale anglaise et du Code de commerce français. Cette comparaison, aussi exacte, aussi analytique que possible, assujettit les
INTRODUCTION
deux lois à une division et à une forme identiques, et permet aux esprits les moins familiarisés avec les matières légales de pénétrer les principes du droit et d’en percevoir sûrement les logiques applications.
Ainsi, chacun des titres du Code de commerce est suivi d’un titre où se trouve comprise et traitée la partie correspondante du droit anglais ; et, dans un commentaire sobrement résumé, appuyé sur la jurisprudence la plus certaine et la plus fixe, sont exposés le caractère particulier de chacune des deux lois, en même temps que leurs divergences et leurs analogies.
J’ai recherché, pour l’accomplissement de cette tâche, le conseil des jurisconsultes qui font autorité en ces matières : j’ai pris pour guides les ouvrages de MM. Pardessus, Nouguier, Alauzet sur le droit commercial ; et, dans une analyse critique de la Coutume et des actes de Parlement qui constituent la législation commerciale de l’Angleterre, j’ai consulté les livres patiemment élaborés d’hommes dont la popularité scientifique exerce une sorte de souveraineté sur la magistrature et sur le barreau de la Grande-Bretagne : je citerai donc pour leur faire hommage et leur rendre témoignage à la fois, MM. John Barnard Byles, GeorgoMorley Dowdeswell, Abbott, Gifford, dont les travaux ont aidé mes recherches et assuré mes appréciations.
Enfin, ef c’est ici le post-scriptum de ma pensée, que le bâtonnier éminent dont le caractère élevé et le talent supérieur l’ont désigné au choix de ses confrères du barreau de Paris, M. Jules Favre, me permette de témoigner avec