‹ Le droit constitutionnel de la Belgique (volume 2)Chapitre 51 sur 137 · Les peuples ne sont donc pas de Droit divin · texte numérisé non relu

Les peuples ne sont donc pas de Droit divin

Conclusion, en possession originaire et permanente de la souveraineté : c'est un droit qu'ils ont dû généralement acquérir ou conquérir (12). Tout dépend des faits, des contingences sociales, de l'évolution politique. L'action de la Providence (13) peut se manifester dans la marche des événements qui président aux transformations des institutions et à l'élévation au pouvoir des princes et des chefs d'Etats. Mais le Droit naturel ou Divin, qui au sein des familles met au front du père la couronne de l'autorité, ne remet à personne le 8ceptre du pouvoir dans les Etats. Il laisse à son sujet les hommes, les groupes humains s'agiter, se disputer, se concerter au besoin. Dieu s'est borné à jeter parmi eux des besoins et des germes d'autorité, qui la font jaillir à un moment donné sous l'empire de circonstances diverses, et qui la font se maintenir, se développer, se transformer, donner lieu parfois à des vacances suivies de reconstitutions difficiles, auxquelles cependant peuvent toujours

(12) Dans TEnoyolique Biutumum^ Léon XIII en dédarant que les son- ▼erainB peuvent ïemx pa/rfait le pouvoir de la multitude, indique qu'ils ne la tiennent pas toujours d'eUe.

(13) L*homme B*agite et Dieu le mène. — Relire Bouuet : Disoours sur rhistoire universelle. Suivant Onclair, le mode d'acquisition originaire du pouvoir est toujours un fait Providentiel.

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s'appliquer ces expressions : prise de possession ou établissement du pouvoir.

En d autres termes, la délation de lautorité vacante, la localisation de la souveraineté, la fixation du siège du pouvoir ne sont pas l'œuvre de la nature, mais des circonstances» des faits historiques. Le Droit naturel ne fournit pas le criteHum de la légitimité des gouvernements. Son rôle se borne, en se fondant sur Tinéluctable nécessité du pouvoir, à prescrire aux citoyens de se soumettre aux autorités établies. Quelles sont-elles? D'ordinaire, il suffira pour les reconnaître d'ouvrir les yeux; nul embarras de fait, de conscience, d attitude correcte à prendre ne surgira d'ordinaire. Ce n'est que dans certaines périodes troublées par des révolutions ou de graves transformations, que les indécisions et les scrupules pourront naître. Ces indécisions et ces scrupules ne désorienteront que les esprits sans boussole, ignorants de leurs devoirs sociaux, ne voyant pas qu*ils se résument pratiquement dans la lutte contre l'anarchie et le désordre d'une part, d'autre part dans le dévouement à la cause du progrès, môme dans le domaine des institutions politiques. Les bons citoyens ne font pas les révolutions; mais ils ne les préparent pas non plus par un conservatisme aveugle, protecteur des abus et rebelle aux transformations réclamées par l'esprit public et les besoins mouvants de la société.

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