JAENISCH, loc. cit
tants et n’exige pas moins du poursuivant que l’abandon de son droit.
De plus, le polythéisme, localisant les différents cultes, affaiblit le sentiment religieux : si chaque ville grecque est plus spécialement sous la protection d’une divinité, la zone d'influence de ce Dieu se mesure le plus souvent à celle de la domination de la ville dont il est le patron. Il ne suifit donc pas qu’une ville reconnaisse le droit d’asile à un de ses temples, il faut encore qu’elle le fasse respecter : à partir du Ille siècle, les cités s’emploient à obtenir l'adhésion de leurs voisines, en invoquant souvent une intervention surnaturelle; des préoccupations d’ordre économique les y poussent, car, si le périmètre de l’asile est suffisamment large, la garantie acquise contre la dévastation entraînera une accumulation de richesses 1. C’est ce qui explique que, plus tard, au moment où diverses factions se disputent le territoire de la Grèce, les compétiteurs s’attirent la faveur des villes en concédant à leurs temples le droit d’asile.
Mais, au bout d’un certain temps, le souvenir de l’octroi du privilège disparaît, des usurpations ont lieu et il est souvent difficile de décider si un temple joint ou non l’asylie à l’ixereix ; la tradition est plus souvent invoquée que des titres précis; en présence d’un doute grave, on s’adresse aux Amphyctions qui tranchent la question 2.
Les principaux temples de la Grèce ont bénéficié de ce privilège : ceux de Cadmus à Thèbes ; de Zeus Olympien et de Minerve à Athènes; de Diane à Ephèse; d’Apollon à Milet ; de Cérès et de Proserpine à KEleusis ; de Minerve à Sparte ; de Neptune à Ténare ; de Junon à Argos ; d’'Esculape à Epidaure et à Pergame... etc...
Pour jouir de l'asile, il faut rester dans l’enceinte consacrée (nspi8odoc), plus ou moins étendue suivant les lieux ; des privilèges successifs en reculent parfois les limites : Alexandre, Mithridate et Antoine agirent ainsi à l’égard du temple de Diane à Ephèse 4.