CHAPOT, op. cit., p. 406 et suiv
2. TaciTE, Annales, IV, 14, coll. Budé, t. IT, p. 183 ; SCHŒMANN (Anti. Gr., trad. Galusky, t. IL, p. 37; t. LIL, p. 264 et suiv.) a même soutenu que les Amphyctions avaient le droit de concéder l’&cuvAi«.
3. CAILLEMER, 0p. Cit. ; STENGEL, 0p. cit. ; CHAPOT, op. cit., p. 409 et suiv.
4. STRABON, Geographica, XIV, I, 23, éd. Meineke, Leipzig, 1852, t. III, p. 894-895 ; trad. Tardieu, Paris, 1880, t. IT, p. 112-113. Le privilège des temples de Milet et de Hiérocésarée s’étendait jusqu’à 2000 pas : TAGITE, Ann., III, 62, coll. Budé, t. II, p. 157.
Dans certains cas, on a considéré qu'il suffisait d’être uni au territoire privilégié par un lien matériel et visible pour jouir de cette protection !. « Après la conspiration de Cylon, ses complices s'étaient réfugiés dans le temple de Minerve. L'archonte Mégaclès leur persuada de se présenter en jugement et, comme ils craignaient de perdre leur droit d'asile, il leur conseilla d’attacher à la statue de la déesse un fl qu'ils tiendraient à la main. Quand ils furent près du temple des Euménides, le fil s’étant rompu de lui-même, Mégaclès et ses complices se saisirent d'eux, sous prétexte que cet accident prouvait que la déesse leur refusait sa protection. Ils lapidèrent tous ceux qui furent pris hors du temple et ceux qui s’y étaient sauvés furent massacrés auprès des autels »?. Au moment où Crésus assiégeait Ephèse, les habitants de la ville, pour la faire bénéficier de la protection du temple de Diane, éloigné de sept stades (1300 m. environ), réunirent par des cables l’autel et les murs de la ville5. De même Polycrate, tyran de Samos, désirant consacrer à Apollon Délien l’île de Rhénéa qu'il avait conquise, établit une chaîne reliant l’île à Délos4. Mais il s’agit là de cas exceptionnels et l’enceinte du temple est l’aire normale de protection.
Les bois sacrés, dont les feuillages impénétrables remplissent l'âme d’une crainte respectueuse, et les tombeaux des héros divinisés, comme ceux d’Acrisius à Larisse et de Thésée à Athènes 5, sont également considérés comme lieux d’asile.
Les criminels, même ceux que les tribunaux ont reconnus coupables et condamnés au dernier supplice, échappent à toute peine, aussi longtemps qu'ils restent dans le lieu consacré. Mais des restrictions sont apportées par les législations : certains criminels, à qui l’entrée des temples est interdite, à Athènes, ne peuvent y jouir de l'asile? et il est probable que la règle est identique, chaque fois que des exclusions des temples sont ainsi édictées 8.
CAILLEMER, 0p. Cit.
PLUTARQUE, Solon, XIV, éd. Doehner, Paris, 1857, t. I, p. 101-102. HéroDote, I, 26, éd. Stein, Berlin, 1884, t. I, p. 13.
TaucyninE, III, 104, éd. Poppo, t. II, p. 184-187.
. PLUTARQUE, Thésée, XXXVI, éd. Doehner, t. I, p. 19-20 : « Ce lieu sert encore d’asile aux esclaves et à tous les citoyens faibles qui craignent l'oppression des grands ». .
6. Pozvse, Histôire, IV, 35, éd. Dindorf, Leipzig, 1866, t. II, p. 43-44. 7. TaucyDipE, IV, 98, loc. cit.
8. ANDOGIDE, Sur les mystères, c. 71, coll. Budé, éd. Dalmeyda, Paris, 1930,
ou Le D n
L'effet de l’asile est, au contraire, plus durable dans certains cas, en particulier pour les débiteurs et les esclaves. La protection du temple de Diane, à Ephèse, éteint la dette du débiteur. Les esclaves se réfugient dans tous les temples et leur inviolabilité se marque par le port d’une couronne de laurier, que leurs maîtres leur arrachent parfois pour les battre, s'ils ne peuvent les décider par ruse ou menace à sortir du temple?; de nombreuses œuvres de la sculpture grecque nous montrent des esclaves, ainsi couronnés, assis sur l’autel dont le privilège les protège. Mais l’asile de certains temples, comme le Théseion à Athènes et le temple de Neptune à Mégare, leur est particulièrement réservé ; du temple des Dieux Paliques, l’esclave ne peut être arraché par la force et n’est rendu à son maître que s’il jure de le traiter humainement $.
Souvent le maître profitait d’une faute postérieure pour punir plus sévèrement son esclave; pour l’éviter, la loi athénienne permit à l’esclave réfugié dans le Théseion d'exiger sa mise en vente en cas de griefs bien établis5. A Andanie, le prêtre examine les raisons de l’esclave et ne le livre que s’il les juge insuffisantes. L’esclave fugitif peut se donner à Hercule dans son temple de Canope7. S'il se réfugie au temple d’Hébé à Phlionte, il devient libre 8.
Tout à fait digne de faveur pour les esclaves, le droit d’asile, qu’un polythéisme accueillant fait reconnaître à des temples toujours plus nombreux, constitue un Aeoutaree ment certain au désordre et au crime.
La littérature ancienne est remplie de plaintes contre les abus des asiles grecs®. Eschyle met dans la bouche des Euménides une éloquente protestation contre la folle vanité
p. 39 (exclusion des sacrilèges) ; cf. WESTERMANN, Encyclopaedia of religion and Ethics, Edimbourg, 1909, t. II, Vo Asylum.
1. PLUTARQUE, IIeo! rod y deiv etre II, 4, éd. Dübner, Paris, 1856, LEP. 21010:
2. ARISTOPHANE, Plutus, 20-23, éd. Van Leeuwen, Leyde, 1904, p. 7-8.
3. DioDporE de SrciLe, XI, 92, éd. Dindorf, t. II, p. 296-297.
4. PLAUTE, Mostellaria, V, 2, 57, éd. Sonnenscheim, Oxford, 1907, p. 57,
5. PLUTARQUE, Ileoi Getcudaruoviuc, IV, éd. Didot, t. III, Paris, 1868, Pp. 197 ; PoLYBE, VII, 13, éd. Dindorf, t. II, p. 316-318.
6. LeBaAs et FoucaRT, Inscr. du Peloponèse, Paris, 1835-1839, No 326 a,