‹ Le Droit d'AsileChapitre 12 sur 365 · PAuUsANrIAS, II, 13, 3, éd. Hitzig, t. I, p · texte numérisé non relu

PAuUsANrIAS, II, 13, 3, éd. Hitzig, t. I, p

9. PLUTARQUE, TTépi ToÙ un detv davel ae C. 3, *loc. cil.; "CICÉRON, TneVerrem LLUI58; éoil Budé, éd. De la Ville de Mirmont, t. II, Paris, 1922, p. 166.

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des hommes qui prétendent établir entre les dieux et euxmêmes la solidarité des crimest, Euripide né tient pas un autre langage * « Il convenait de ne point laisser l’impie s'asseoir à l'autel, fait-il dire à Ion, mais de l’en chasser. Il n'est pas bien qu'une main souillée touche ainsi les dieux. Il fallait réserver l'asile au juste persécuté, afin qu’on ne vit pas l'innocent et le coupable se rencontrer ici dans la même faveur des dieux »?,

En fait l'asile n’est pas toujours respecté. Il est quelquefois violé directement : les Ilotes, réfugiés dans le temple de Neptune à Ténare, sont massacrés par les Lacédémoniens #.

Plus souvent on emploie des moyens détournés 4 : le temple est environné de troncs d’arbres auxquels on met le feu 5; on enlève le toit du sanctuaire pour que les intempéries obligent les réfugiés à l’abandonner$; on mure les portes pour les faire mourir de faim, sauf à les ouvrir à nouveau, par scrupule de conscience, lorsque la mort est imminente 7.

En général, cependant, le vulgaire, dans sa crainte superstitieuse de la divinité, conserve une grande foi dans la sainteté des asiles et pense que la justice humaine doit s'arrêter quand la divinité intervient pour arrêter son action$. Les Héraclides d’Euripide nous en apportent le témoignage. D'après la légende, Athènes consentit seule à accueillir les fils d’Héraclès qui, poursuivis par la haine d’Eurysthée, après la mort de leur père, se réfugièrent auprès de l’autel de la Pitié. L’Athénien Démophon demande à Copras, le héraut d’Eurysthée, tyran d’Argos, qui veut enlever les Héraclides : « De quel droit se saisir du suppliant par force ?». Et comme celui-ci réplique : « Les malfaiteurs, à ce que je vois, peuvent se réfugier ici ! », il lui répond : « La demeure de Dieu pour tous est un rempart »°.

1. Les Suppliantes, 82-84, coll. Budé, éd. Mazon, t. I, Paris, 1920, p. 16. 2. Ion, 1312-1319, coll. Budé, éd. Parmentier et Grégoire, Paris, 1923, ë 3. THucYD1DE, IL, 128, éd. Poppo, t. I, p. 329-331 ; HÉRODOTE, V, 46 et VI, 91, éd. Stein, t. IL, p. 22 et 99 ; PausaNrASs, I, 20, 7 et VII, 24, 6, éd. Hitzig, ÉLpr4s ett. DE p.746:

4. PLAUTE, Mostellaria, V, 1, 65, éd. Sonnenscheim, p. 53; Rudens, TII, 4, 63, éd. Sonnenscheim, Oxford, 1901, p. 34.

5. Eurtpipe, Andromaque, 253-260, coll. Budé, éd. Méridier, Paris, 1927, p. 122-123 ; JosèPnE, Antiq. Jud., XIII, 4, éd. Dindorf, Paris, 1845, t. I, p. 487.

TaucyDipe, I, 134, éd. Poppo, t. I, p. 317.

HéroDOTE, III, 48, éd. Stein, t. I, p. 225.

ANDOGIDE, Sur les mystères, c. 71, loc. cit.

« Ka roc Jixauov rdv ixérnv éyerv Blx ; — Ac:d8, dc Éouxe, eoïc xuxoiot

La violation de l’asile, facilitée par la diversité et le particularisme des cultes, est considérée comme « une action atroce », «un sacrilège », « un objet de la haine publique ». Après le massacre des partisans de Cylon dans le temple de Minerve, on condamna les profanateurs et la ville resta déshonorée à ses propres yeux et remplie de crainte jusqu’au jour où on fit venir de Crète, pour la purifier, Epiménide, un des sept Sages de la Grèce ?.

Lorsque l'asile est violé, le coupable est toujours, suivant les croyances populaires, frappé par la colère de la divinité : Néoptolème qui a tué Priam sur l’autel d’Apollon, meurt, égorgé à Delphes sur l’autel de ce dieu. Sparte est détruite par un tremblement de terre, peu après le massacre des Ilotes dans le temple de Neptune à Ténare. L’horrible maladie dont mourut Sylla est considérée comme un châtiment de Minerve dont il avait violé l’autel pour mettre à mort Aristion ?.

Témoin de ces violations, le peuple essaye d’en prévenir le châtiment par des sacrifices expiatoires. « Si le réfugié n’était pas toujours sous la sauvegarde de l’asile, l’asile fut toujours en Grèce sous la sauvegarde de la foi des peuples » 4.

La multitude des lieux d’asile et le respect dont ils sont entourés ajoutent au désordre grandissant causé par la décadence des cités grecques. « La licence et l'impunité multipliaient les asiles; les temples étaient remplis des pires esclaves ; les débiteurs venaient s’y soustraire à leurs créanciers ; les coupables au châtiment de leurs crimes. Aucune autorité n'avait assez de force pour réprimer les séditions du peuple qui protégeait les forfaits des hommes comme s’il s'agissait du culte de ses dieux »5.

Lorsque les Romains arrivent en Grèce, l’asile est pour eux un moyen de domination : ils le tolèrent volontiers dans les villes qui leur jurent fidélité. Ils en bénéficient parfois, comme les Romains de l’île de Cos qui furent sauvés

DEVATÉOV, — "Araot xotvoy pDuax Jauôvov Édpa », Vers 254, 259 et 260, coll. Budé, t. I, p. 207. Le droit d’asile occupe une large place dans le théâtre grec ; cf. EurtPiDE, Les Suppliantes, 63 et suiv., coll. Budé, €. III, p. 105.

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