‹ Le Droit d'AsileChapitre 113 sur 365 · DULAURE, Histoire de Paris, t. IL, p · texte numérisé non relu

DULAURE, Histoire de Paris, t. IL, p

10.-Bertrand.Caussavielle est ainsi massacré dans l’église de Gap en 1184 : A.D. Bouches-du-Rhône, B. 291.

De tels faits ne doivent pas étonner ; le serment de paix contient une réserve inquiétante : « Ecoutez, chrétiens, le pacte de paix : Je m'engage à ne point attaquer l'Eglise, à ne point violer les asiles, si ce n’est contre tout malfaiteur qui enfreindrait la présente paix »!. Certains cleres donnent souvent un exemple déplorable. Bérenger, vicomte de Narbonne, se plaint au concile de Toulouse de 1059 de Guifred, archevêque de Narbonne, et l’accuse de l’avoir empêché d'obtenir justice à l'égard de Pierre-Raymond, comte de Béziers, coupable d’avoir enlevé d’une église et mis à mort deux chevaliers innocents de tout crime?, En 1109, l’archidiacre Guy essaye de ramener l’évêque et les chanoines de Metz à l’obéissance due au pape; battu et traîné par les cheveux, il réussit à leur échapper et gagne l’asile de l’église, mais il en est arraché par les chanoines à.

Le plus souvent cependant les clercs ne laissent pas impunément violer leurs églises. Ils obtiennent parfois réparation par la force : vers 1155, Garnier de Mailly, prévôt de l’abbaye de Saint-Etienne de Dijon, obtient l'intervention armée de son père pour faire respecter par le duc de Bourgogne Robert le caractère sacré d’un cimetière dépendant de l’abbaye. Mais, en général, ils ont recours aux sanctions spirituelles. En 1075, Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne, qui a enlevé de force du monastère de Saint-Michel de Cuxa Guilabert, comte de Roussillon, fait une donation au monastère pour réparer son sacrilègeÿ. L’excommunication est souvent nécessaire et on arrive parfois à l’interdit d’une

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