Cité, p. 163, n
2. « Petrus Raymundi, Biterrensium comes, violavit ecclesiam Sanctac Mariae coenobium loci electi.. et extraxit abinde duos milites inclinatos atque innoxios, et unum ex eis qui erat consanguineus meus pependit in ligno et occisit morte crudeli quasi cleptem. Unde idem archiepiscopus talis suffragator extitit, ut etiam sacrilegos et homicidas illos in sua se mittente: potestate patrocinavit suffragatorque eorum extitit, et in eo ullam non valui invenire justitiam » : Histoire du Languedoc, t. V, c. 496-502.
3. DumonrT, Histoire de la justice criminelle des duchés de Lorraine et de Bar et des Trois évêéchés, Nancy, 1848, t. I, p. 61.
4. « Relatum fuit huic reverendo viro quadam die sabbati, jussu ducis Roberti, cujusdam de familia Sancti Stephani in cimtterio Sancti Michaelis juvencam carnifices rapuisse et occidisse ». Le prévôt, ayant en vain invité Robert à réparer le méfait, l’excommunia et lui refusa l'entrée de l’église ; Robert, pour se venger, fit enlever un mulet de l’abbaye, mais Humbert, père de Garnier, intervint avec des hommes d’armes et obligea le duc à réparation : fragment du cart. de Saint-Etienne de Dijon, publié par Valat, appendice à Poursuite privée et composition pécuniaire, p. 12.
5. « Ipse autem venerabilis comes ejus timore perterritus qui non vult mortem peccatoris sed ut convertatur et vivat... poenitentiae accepta sententia.… haec inquit.…. », de MarcA, Marca Hispanica, c. 1164.
église ou même d’une ville : en 1147 ou 1148, Manassé, évêque d'Orléans, frappe ainsi sa ville épiscopale, parce que les officiers de la justice royale ont refusé de rendre à l’Eglise un assassin arraché de ses autels 1.
L'intervention directe des saints est pour les esprits de cette époque la meilleure garantie des asiles. La légende de saint Hervé affirme que Dieu a indiqué au saint l’endroit où il devait, en s’y établissant, créer un asile?. Un serviteur ayant été enlevé par son maître du monastère de Saint-Méen où il s'était réfugié, le saint se mit en prières et prédit que le violatéur de l’asile mourrait avant trois jours, événement qui se réalisa. En 960, un malheureux, fuyant devant l’approche des Normands vers l’église de Saint-Donatien et Saint-Rogatien à Nantes, allait être pris avant de s’y être mis en sûreté lorsqu'il vit un chêne s'ouvrir et se refermer sur lui pour le cacher. La châsse de Saint-Ursmer est amenée par ruse au milieu de guerriers assiégeant un réfugié et ils se retirent immédiatement 5. Un criminel ayant été enlevé de l’église d'Orléans par les officiers royaux, la statue du Christ placée dans l’église versa des larmes que virent les habitants pendant un jour entier é.
Un chapiteau de l’église de Saint-Nectaire atteste, mieux que tout récit, qu’au XIIe siècle l'intervention surnaturelle est considérée comme la plus sûre garantie du droit d’asile : on y voit un chrétien embrassant une colonne du lieu d’asile
1. Recueil des Historiens des Gaules et de la France, t. XV, Paris, 1808 p. 718.
2. Cette vie légendaire rapporte ainsi les ordres divins : « Perge inflexibiliter solis ad ortum et ubicumque bis audiris : « Quiesce ibi, quiesce », construe tibi illic mansionem... Ibi etiam erit hominibus asilum divine munimine tutissimum et cum beneficio salutis superabundabit quandoque copia fertilitates » : de la BORDERIE, Saint-Hervé, Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes du Nord, t. XIX, 1892, p. 265-275.
3. Dom PLAINE, Analecta Bollandiana, t. III, P. 149-151 ; Lor, Mélanges er Bretonne, Paris, 1907, p. 130, n.: 1:
4. «Normanni... persequuntur quemdam misérrimum hominem, fugientem ad ecclesiam sanctorum martyrum Donatiani et Rogatiani, pavidum et timidum, et eorum suffragia precibus obnixis valde auxilium proclamantem. Et quum jam lassuüs atrium ecclésiae attingeret, nec amplius licentiam fugiendi haberet, et Normanni eum undique circumvenirent, inscius quid ageré deberet, ad quamdam quercum... accessit ad refugium »: Miracula Ecclesiae Namnetensis,,.c. 1, année 960, éd. Merlet, Chronique de Nantes, p. 144.
5. GHESQUIERUS, Acta Sanctorum Belgii selecta, Bruxelles, 1783-1794, t VI, p. 299.
6. « Imago quaedam quae in capite ecclesiae nostrae... cruci affixa est, multis clericis et laicis praesentibus et videntibus, ita visa est flere quod lacrymae ab oculis ejus visae sunt stillare et manare, et ab hora nona usque ad noctis medium lacrymarum affluentia non est visa cessare... » : Lettre de Manassé, évêque d'Orléans, citée p: 168, n.1. rie
ise de St-Nectaire (XI1° s.)
Chapiteau de l’ég
et, tandis qu’un guerrier cherche à l’entraîner en le tirant par les cheveux, un ange lève son épée pour le défendre.