LE DROIT CLASSIQUE DE L'ÉGLISE
Si ’élaborat on du droit classique de l’Eglise a pour point de départ le décret de Gratien, c’est parce que cette compilation domine nettement par sa valeur les collections qui l’ont précédée et reridue possible, mais c’est surtout parce que la synthèse de l’ancien droit réalisée par Gratien à obtenu un tel succès de fait que les textes qu’il a recueillis ont été presque exclusivement invoqués après lui. Il est donc nécessaire de rechercher comment s’est progressivement formée cette masse de textes, augmentée par un enrichissement continu à travers les diverses collections, mais en même temps allégée par l'abandon des textes dépassés.
La rédaction latine du concile de Sardique (344) — seul concile oriental qui ait été pourvu d’une telle version — devait favoriser sa diffusion en Occident, encore qu’elle se présentât sous quatre formes différentes 1. Ses canons passent, en effet, à la suite de ceux de Nicée ? dans les collection latines de conciles orientaux®; on les retrouve dans la Dionysio- Hadriana#, dans la collection africaine de Cresconius 5, dans
1. MAASSEN, Gesch. der Quellen und der Literatur des Canonischen Rechts im A bendlande, Gratz, 1870, p. 50 et suiv.
2. MAASSEN, 0p. cit., p. 52 et suiv.; Fournier et LE Bras, Histoire des Collections canoniques en Occident, Paris, 1931, t. I, p. 19.
3. Versio Prisca, P.L., t. LVI, c. 777 ; Mansi, t. VI, c. 1141. Versio Hispana, P.L., 1. LXXXIV, c.117; MaANsr, t. ALI, c. 30. Versio Dionysiana, P.L., CAL XVI Ce78 MANS it. UT p.22;
Dans ces trois collections, les canons 7, 8 et 9 de Sardique sont numérotés 8, 9 et 10; cf. Vetus Canonum Nicaenorum, Sardicensium et Chalcedonensium interpretatio latina, P.L., t. LVI, c. 834.
4. ©, 11 : Prrnou, Codex canonum vetus Ecclesiae Romanae restitutus, Paris, 1687, p. 120 ; MAASSEN, op. cit., p. 446.
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de nombreuses autres collections ! et plus tard dans le Liber Tarraconensis?. Mais quelques collections les passent sous silence; on ne peut s’en étonner, car ils ne contiennent qu'une affirmation de principe, dont le rappel est rendu inutile par les décisions précises des conciles de l’époque franque ; ceux-ci sont la source essentielle des collections occidentales, les textes de Gélase, perdus, ne figurant pas dans les collections anciennes de décrétales # Les canons francs sont recueillis par de très nombreuses collections et replacés à leur date par le plus grand nombre d’entre elles 5. La première synthèse importante en est faite en Gaule dans la collection d'Angers, qui réunit les textes principaux dans un titre spécial (t. LIV), de his qui ad ecclesiam confugiunt$.
1. Collections des manuscrits de Freising, de Corbie, d’Albi, de Saint- Maur, de Diessen ; coll. Herovalliana : MaaAssEN, Gesch. der Quellen, p. 482, 572,594, 615, 625 et 831.
2. P. FOURNIER, Le liber Tarraconensis, Mélanges Havet, Paris, 1895, p. 268.
3. Quesnelliana, P.L., t. LVI, c. 359. Coll. de Ferrand, P.L,, t. LXVII, c. 949.