‹ Le Droit d'AsileChapitre 18 sur 365 · De moribus saeculi Justinianei, Strasbourg, 1654, p · texte numérisé non relu

De moribus saeculi Justinianei, Strasbourg, 1654, p

4. « Leges omnibus hominibus aequaliter securitatem tribuunt », D. XEVIII, 19,28, 7.

5. SUÉTONE, Tibère, 53, coll. Budé, t. II, p. 42; AMMIEN MARCELLIN, XXV, 10, 7, éd. Clark, t. I, Berlin, 1910, p. 385 ; Tac1TB, Annales, I, 39 : Munatius Plancus, accusé d’avoir trahi ses soldats, embrasse l'aigle de la première légion pour se garantir contre leur courroux : « neque aliud periclitanti subsidium quam castra primae legionis. Illic signa et aquilam amplexus religione sese tutabatur ac ni aquilifer Calpurnius vim extremam arcuisset, rarum etiam inter hostis, legatus populi Romani Romanis in castris sanguine suo altaria deum commaculavisset », coll. Budé, t. I, p. 31.

sauvé si elle jurait que la rencontre était fortuitet. S'il se réfugiait auprès du Flamen Dialis, l'exécution du jugement était différée ?. Ce sont là des privilèges personnels de portée naturellement restreinte.

Les allusions de quelques auteurs semblent indiquer cependant que les autels de certains dieux étaient des asiles. En réalité, ils emploient le mot asile (ispèv &ovkov) pour désigner un sanctuaire vénéré et respecté# et il est permis de penser qu'ils font allusion aux asiles que nous avons vus nombreux en Grèce ou que le gouvernement peu énergique de la fin de la République semble avoir tolérés, à leur imitation, dans les provinces orientales 4.

S'il est vrai que la statue élevée à Rome par le Sénat à Romulus jouissait du droit d’asile 5, il est certain que l’importance pratique de ce privilège fut suffisamment restreinte pour qu’on n’en conservât point le souvenir$.

La première exception, notable bien que de courte durée, à la règle de l’exclusion de l'asile eut pour objet le temple élevé, à Rome, en 42 avant J.-C. à Jules César, déifié dès ce moment ?.

Cet exemple ne fut pas perdu. La fin de la République et le début du Principat sont marqués par de nombreuses

1. PLUTARQUE, Numa, V, 14, éd. Doehner, t. I, p. 82-83; SUÉTONEÉ, Vie de César, c.1, coll. Budé, t. I, p. 2; Cicéron, Pro Fonteio, XXI, 46, coll, Budé, Discours, t. VII, p. 52; Tacite, Annales, XI, 32-34, coll. Budé, t. II, p. 302-303 ; Histoire, III, 81, coll. Budé, t. I, p. 208.

2. AuLu-GELLE, Nuits Attiques, X, 15 : « Si quis ad verberandum duceretur, si ad pedes flaminis dialis supplex procubuisset, eo die verberari piaculum erat », éd. Mignon, Paris, 1934, t. II, p. 190-193.

3. DENIS d'HALICARNASSE, IV, 26, éd. Kiessburg et Prou, Paris, 1886, p. 213 (au sujet du temple de Diane sur l’Aventin).

Ovipe, Fastes, III, 429, loc. cit. (au sujet du boïs-asile d’Oitie).

Caius Gracchus se réfugie dans un bois sacré, où ilse fait ouvrir les veines par un esclave : « 6 dE five uixpdv e cisoûv ÉAooc Estvvd:wv xarapuyüv xdxet Duapeipetar, rod Diloxparous dvendvros éxelvov, elra éxuTdv émuophEavToc ,» PLUTARQUE, Vie de Caius Gracchus, XVII, éd. Doehner, t. II, p. 1005.

4, CIicÉRON, Pro Roscio Comoedo, XI, 30 : le comédien Eros, chassé de la scène par des sifflets, se réfugie dans la maison de Roscius comme à l'abri d’un autel protecteur, «sicut in aram confugit in hujus domum », coll. Budé, t. I, p. 148 ; CrcÉRON, De Deorum natura, IL, 10, coll. Budé, t. IX, p. 456; OvE, Tristes, V, 2, 43, éd. d'Oxford, 1825, t. II, p. 313.

Le texte de Cicéron (De lege agraria, II, XIV, 36, coll. Budé, t. IX, p. 69) ne semble pas se rapporter à notre institution.

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