‹ Le Droit d'AsileChapitre 20 sur 365 · Ad aedem sacram vel ad statuas principum · texte numérisé non relu

Ad aedem sacram vel ad statuas principum

pas qu'il leur est accordé indirectement par un sentiment de pudeur qui s'oppose à ce qu'on attribue un pouvoir plus grand à la statue d'un empereur qu'aux sanctuaires des vieux dieux de Rome ?

L'asile des temples dut, d’ailleurs, rester assez théorique, car nous n'en connaissons pas de nombreuses applications !. Au contraire, celui des statues impériales fut fréquemment invoqué. Il était accordé aux esclaves, qui n'avaient pas d'autre moyen juridique de protection ; et l’on vit rapidement les citoyens qui se trouvaient, pour une raison quelconque, dans une situation analogue, s’y réfugier également.

Ce droit d’asile se développa au point qu'il entraîna des abus contre lesquels un sénatusconsulte dut réagir?. Il confirme le principe du rescrit d’Antonin, mais ne reconnaît la protection de la statue impériale qu’à celui qu’une violence injuste prive du secours de la loi : « droit d’appel à une juridiction supérieure, elle n’est admise qu’à défaut de la juridiction commune »° et son cas normal d’application est celui de détention privée arbitraire 4 Une telle restriction était nécessaire pour éviter la désorganisation complète du système pénal. C’est ainsi que le sénatusconsulte prohibe le refuge auprès d’une statue in invidiam altérius. Celui qui implore protection contre un tiers laisse entendre qu’il subit de sa part une violence injuste qui l'empêche de mettre en œuvre les formes de procédure ordinaire. S'il le fait supposer à tort, il agit plutôt pour lui nuire et satisfaire un sentiment de haine ou de vengeance que pour se défendre lui-même. Cet acte de calomnie est puni d'emprisonnement par Antonin et ensuite par le Sénat.

La jurisprudence interprète strictement ces règles. Si la violence subie peut être réparée par l’action d’injures, l’homme libre qui en dispose et l’esclave, au maître duquel elle est accordée, doivent s’en contenter. Si en quittant la maison de son maître, la première pensée de l’esclave a été

1. Elagabal échappe, en 217, aux poursuites de Macrin, qui a fait massacrer Caracalla, son père : «Hic fertur occiso Macrini factione patre, ut dicebatur, Antonius in templum Dei Heliogabali confugisse, velut in asylum, ne interficeretur à Macrino »; AELIUS LaMpripus, Antonius Helivgabalus, II, 3, Scriptores Hist. Augustae, éd. Peter, Bibl. Teubner., Leipzig, 1884, t. I, p. 221.

2. D. XLVIII, 19, 28, 7. Les textes distinguent assez mal la part du rescrit d’Antonin et celle du sénatusconsulte. k

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