MN Ps
L’INTERCESSION, ORIGINE DU DROIT D'ASILE El vendeurs du temple, voulant qu'il fût uniquement consacré à la prière!, On ne peut voir dans ses paroles que l’interdiction de faire du commerce et, par extension, de traiter des affaires temporelles dans les lieux sacrés.
Ailleurs, il blâme le massacre du grand-prêtre Zacharie, au pied même de l’autel, sur les ordres de Joas?, Mais ce n’est pas là une condamnation du droit juif ; le reproche s'adresse bien plutôt à l’acte homicide en lui-même.
On a voulu également trouver une indication dans un des derniers épisodes de sa vie. Au moment de son arrestation au Jardin des Oliviers, il dit à la foule qui se presse autour de lui pour l'arrêter : «J'étais chaque jour au milieu de vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas pris »3. Loin d’être un précepte négatif, donné à l’Eglise nouvelle, cette phrase ne renferme qu’une allusion au droit juif, qui écartait le droit d’asile.
Les principes que le Christ pose comme foudement de la loi nouvelle, préfigurée par l’ancienne, peuvent paraître à première vue, pour notre sujet, trop généraux et trop lointains ; ils n’en commandent pas moins les développements futurs.
Ees deux grands préceptes qui sont à la base de l’intercession et du droit d’asile : la charité et la pénitence, ont été établis par lui L'amour que la loi de Moïse ne prescrivait qu’à l'égard des amis 5, s’étend désormais à tous les hommes 6 et cette charité parfaite des premiers chrétiens, qui étonne les païens et les juifs, ne peut rester indifférente au salut du prochain. La vocation humaine à la béatitude éternelle
étant générale, le fidèle s’attache à la réaliser en lui-même
1. n’y a pas lieu de s’attacher à l'expression « domus mea », qui pourrait viser le temple de la nouvelle religion. Le Christ, en tant que Dieu, était adoré comme son Père dans le sanctuaire de l’ancienne et le futur de la phrase s’explique sans peine par l'emprunt aux paroles du prophète Jérémie.
2. Matth., XXIII, 35; le fait est rapporté par les Paralipomènes, IT, XXIV, 21.