‹ Le Droit d'AsileChapitre 39 sur 365 · Op. cit., p. 164 et suiv · texte numérisé non relu

Op. cit., p. 164 et suiv

3. 1° Histoire du franc Sylvanus, massacré au moment où il cherchait à atteindre un « conventiculum » chrétien (rapportée p. 55, n. 2); — 29 En 364, un condamné à mort se réfugie à Rome dans un sanctuaire chrétien ; il en est arraché et livré au supplice (Amm. MARCELLIN, Res Gestae, XXNI, 3,3, éd. Gardthausen, Leipzig, 1875, t. II, p.68-69) ; — 30 En 372, une femme se réfugie dans l’église de Césarée pour fuir les violences d’un magistrat qui veut la contraindre au mariage ; mais elle n’y est pas à l’abri de sa poursuite et il aurait raison de la courageuse opposition de saint Basile, si le peuple de Césarée n’intervenait pour défendre son évêque (saint Grégoire de Nazianze, Discours funèbre en l’honneur de saint Basile de Césarée, c. 56 et 57, éd. Boulenger, Textes et Documents pour l’étude historique du Christianisme, 1908, p. 171-177).

4, SozomÈNE, Histoire, IV, 9, éd. Hussey, p. 336.

5. « Confugit ad ritus christiani sacrarium abstractusque exinde ilico abscia cervice consumptus est », Amm. MARCELLIN, XX VI, 3, 3, loc. cit.

Les malheureux qui se réfugient dans les églises, espèrent que le caractère du lieu les protègera pendant le temps de l’intercession, mais c’est celle-ci qu'ils viennent y chercher et c’est elle seule qu'ils obtiendront !.

Les canons du concile de Sardique (344) l’indiquent nettement : « Il arrive souvent que ceux qui sont victimes d’une injustice, qui ont été condamnés à l’exil ou à la déportation après une faute ou qui se plaignent d’une sentence quelconque se réfugient à l’église : il faut les secourir et demander pour eux l'indulgence sans hésitation ?.

Dans son discours funèbre en l’honneur de saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nazianze rappelle un épisode de sa vie : une femme s'étant réfugiée dans une église en 372, « quelle devait être la conduite, non seulement du grand Basile..., mais de quelque autre de ses plus humbles subordonnés, pourvu qu'il fût prêtre ? N'’était-ce pas de réclamer, retenir, protéger, prêter main-forte à la bonté de Dieu, et à sa loi qui fait respecter les autels ? »3.

Saint Augustin est encore plus net : «Ad Hipponiensem <cclesiam confugit et ibi erat, ul confugientes solent, expectans quo modo per intercessionem nostram sua negotia terminaret» 4.

L'église devint le lieu de refuge habituel 5. Ce rôle aurait pu être dévolu à la maison de l’évêque, principal ministre

1. « Confugientes ad ecclesias censebantur implorare interventionem episcoporum », Van EsPEN, Dissertatio canonica de intercessione sive interventione episcoporum … seu asylo templorum, Louvain-Lyon, 1778, t. IV, p. 65.

« Nihil ad ecclesiam perfugium erat quam clericorum deprecatio seu inter- -cessio », GopEFRoY, Code Théodosien, t. II, p. 375.

2, ©. 7 : « Zvubaiver ruvac olxtov Geouévouc xaTapuyelv Ti Thv ExxAnotav, Du Tù ÉaUTOV AUAPTAUUTO els TEpLOPLOUÔV À Vfoov xaTadkac0EvTac À d'aÙ rdv olgOnrorobv éropdoet éxdedouévouc, Tols TOLOUTOLG U ApvnTéav civor Thy BoñBerav, &AAX ywplic ueAnOUOd xaœi veu rod duoTGuL Tois Tosobroic aisretoar cuyyoonctv. », HEFELE-LECLERCQ, Histoire des Conciles, t. I, p. 782 ; -cf. p. 59.

re Discours funèbre en l’honneur de saint Basile, c. 56 et 57, éd. Boulenger, 1908, p. 171-177. Comme le remarque MARTROYE lui-même (p. 165, n. 4), la loi dont il s’agit est bien la loi divine et non une loi humaine ; la suite du texte le montre clairement, lorsque saint Grégoire parle du juge qui demande aux chrétiens de violer leurs propres lois.

4, Ep.CXV, C.S.E.L., t. XXXIII, p.661. Se

Sermon CXLI, P.L.,t. XXX VIII, c. 879 : « Cogita quomodo tremas, si tibi aliquis calumnietur, ne mittaris in carcerem... contremiscis, conturbaris, -pallescis, ad ecclesiam curris, videre desideras episcopum, ad pedes ejus volutaris. Quaerit quare ? Libera me, inquis. Quid agitur ? Ecce ille mihi calumniatur. Et quid tibi facturus est ? Domine, concutior; Domine, in carcerem mittor, miserere mei. Ego quidem curo propter carnem tuam, utinam tu curreres propter animam tuam ». ;

5. Il est remarquable que l'expression « ad ecclesiam confugere », d’abord

de l’intercession, et il est probable qu’elle dut l'exercer à l’occasion 1. Si l’église l’emporta, ce fut à cause de son carac= tère sacré : le lieu saint semblait devoir s'imposer au respect. et le voisinage des reliques et du tabernacle ? ajouter encore. à cette impression de sécurité. Mais ce fut également parce que l'intercession, loin d’être le monopole de l’évêque, s’imposait comme un devoir impérieux à tous les clercs + c’est à l’église que les malheureux espéraient les rencontrer pour implorer leur assistance *.

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Longtemps l’intercession fut seule réglementée par la législation de l'Eglise et celle de l’Empire. Avant même d’être visée directement par les constitutions, elle subit toutes les limitations apportées à l’admission des voies de recours, comme elle profita de ses extensions.

Au début du IVe siècle, la tendance est nettement restrictive. Constantin rappelle la règle de l’irrecevabilité de l’appel dilatoire au cas d’aveu ou de preuve suffisamment établie 4 et l’applique plus spécialement à certaines catégories de criminels : les homicides, les adultères, les empoisonneurs et les magiciens 5. Lorsque le retard de l’exécution

employée pour désigner une demande d’intercession (cf. les passages des Pères. de l’Eglise cités plus haut et, en particulier l’Ep. LXII de saint Ambroise (P.L., t. XVI, c. 1188) : « Pro his qui ad matrem pietatis tuae Ecclesiam, petentes misericordiam, confugerunt, quorum lacrymas sustinere non potui » les canons du Concile de Sardique peuvent être compris également dans un sens ou dans l’autre : recours à l'Eglise ou refuge à l’église pour obtenir l’intercession), est ensuite utilisée dans le sens de refuge dans une église.

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