‹ Le Droit d'AsileChapitre 70 sur 365 · CHÉNON, Histoire du droit français, t. I, 1926, p · texte numérisé non relu

CHÉNON, Histoire du droit français, t. I, 1926, p

restreint, est abandonnée à la vengeance privée (Faida) : ce sont les plus nombreux, l'autorité publique n'étant pas suffisamment organisée pour assurer la répression. Aucune mesure n’est gardée entre le crime et son châtiment et « la vengeance du sang » présente, du côté de la victime comme du côté du coupable, un caractère familial qui en élargit dangereusement le cercle.

Les progrès du droit, qui ne peuvent encore réaliser la substitution de l’action publique à la vengeance privée, se manifestent par une réglementation de celle-ci. Un système de composition est établi : le coupable peut échapper dans certains cas à la vengeance privée en payant une amende (Faidus), dont le taux est fixé par un tarift.

Certains lieux bénéficient d’une paix spéciale (hôhere Friede) et le bris de cette paix est puni d’une amende très élevée. Cette protection particulière est accordée aux assemblées judiciaires, à la demeure du chef de guerre et elle s'étend à la route qu'empruntent ceux qui se rendent aux assemblées ou au combat. On la reconnaît à la maison particulière ; celui qui y entre avec le consentement du propriétaire est à l’abri de toute violence, même légale? ; mais ce sont surtout les lieux d'habitation des grands de la nation qui jouissent de cette paix, bien qu’elle soit moins étroitement liée à la présence de la personne que chez les Scandinaves ?. x

Les lieux religieux en sont également dotés 4; si tous les auteurs le reconnaissent, l’accord n’est pas fait sur la nature de ces lieux de culte. Les Germains honoraient leurs divinités en plein air et, en particulier, dans les bois sacrés ; mais on ne sait s'ils avaient également des temples et les textes de Tacite 5, peu explicites, sont interprétés par les historiens dans des sens différents. Bois ou temple, le lieu sacré, habitation de la divinité, jouit d’une paix nettement définie : il

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