‹ Le Droit d'OblatChapitre 12 sur 51 · QU’EST-CE QU'UN OBLAT · texte numérisé non relu

QU’EST-CE QU'UN OBLAT

pas complètement aliénée ; ils continuent.du reste d’appartenir à l’état laïc (ou au clergé séculier). L’oblature se présente dès lors comme un Contrat synallagmatique en vertu duquel l’oblat fournit ses biens et son activité au monastère qui, de son côté, le fait participer à la vie, aux prières et aux œuvres des moines.

Et si les conciles de Latran de 1179 et de 1215 ont fixé certaines de ces particularités, le second notamment a précisé que par oblats il fallait entendre ceux qui ayant pris l’habit résidaient dans les monastères ainsi que ceux qui continuaient à vivre dans le monde, après avoir abandonné tous leurs biens au monastère et s’en être réservé seulement l’usufruit. Mais sur ce dernier point la conception moderne de l’oblature telle qu’elle ressort du rétablissement de l’Institut bénédictin en France au siècle dernier, se différencie de celle qui prévalait au moyen âge et cela se justifie sans peine (17).

Quoiqu'il en soit à ce sujet, on a pu constater à quel point la situation s’est révélée touffue quand il s’est agi de mettre le

(7) On trouvera deux études sur les oblats dans les Analecta juris pontificü, t. VII, 1886, col. 2191-2235, et dans le Messager des fidèles, petite revue bénédictine de Maredsous, 3° année, 4886-87, n°s 2, 3, 4, 5, et 6 : Les oblats de S. Benoit au Moyen Age.

| De nos jours, l’oblature bénédictine a donné lieu à une littérature assez particulière : d’une part toute une série de manuels de piété, tels que le petit mamuel des oblats olivétains, (Mesnil Saint Loup, 4890) ; Les oblats de S. Benoit, (Paris, Monastère des Bénédictins, 4917) ; Dom Besse, Les oblats de S. Benoît, (Paris, Art Catholique, 1918) ; Dom Guéranger, Les oblats séculiers de l'Ordre de :S. Benoît, (Tours, 1920) ; Les oblats séculiers de l'Ordre de S. Benoît, (Abbaye St André, Lophem-les-Bruges, 1923) ; Il libro dell'oblato beneditino, (Abbaye St Paul hors les murs, Rome, 1984), etc ; et d'autre part des ouvrages historiques comme la thèse de l’abbé Deroux, Les origines de l’oblature bénédictine, (abbaye St Martin de Ligugé, 1927), ou d’édification comme celui de Dom Chauvin, L'oblature dans l'Ordre bénédictin, (Paris, Beauchesne, 1921), et le chapitre consacré à l’oblature de Jean de Longny, À l'ombre des grands ordres, (Paris, Desclée de Brower, 1937).

Il ne faut naturellement pas oublier J.-K. Huysmans dont l'influence a été très sensible en ce domaine, qui avait sans doute une conception assez personnelle de l'institution et qui, dans sa remarquable trilogie : En route, la Cathédrale, l'Oblat (Paris, nombreuses éditions) en parle à diverses reprises. Voir surtout le 4er, p. 123-36 et 139, et le dernier, p. 34 et sq. où l’auteur prête à Dom Felletin une manière de voir analogue à la sienne. Il est permis de se demander si les circonstances actuelles n’invitent pas à un nouvel examen de la question : en tout cas des idées se lancent qui méritent réflexion. Voir dans Lettre de Ligugé, nos 46-47 (1954) l’article. du Re Dom Emmanuel Marie Henfelder, abbé de Nicoleraltaich (traduit par Dom Rorhais) sur le monachisme laïc, où l’éminent religieux fait état de diverses publications fort symptomatiques : Mônchtum in der Entscheidung (le monachisme à l'instant décisif). (Liturgie u. Mônchtum, 3, Folge, Heft XI, 1952, Verlag ars liturgica Maria Laach) ; der Laic und der Ordens stand (le laïc et l’état religieux) par Hams Urs von Balthazar, (Freiburg i. Brisgau, Herder, 4949 ; die Antwort der Mônche (la réponse des moines) par Walter Dirks, (Frankfurt à Mein, Verlag der Frankf. Heîfte, 1953). De ce dernier, il est parlé dans le Cahier 44 de la Pierre qui vire (4954) : ce que veulent les moines, par Dom Ghislain Lafont (qui, du reste, ne pose pas directement le problème de l’oblature).

nom d'oblats sur une catégorie déterminée d'individus. Au cours des siècles, outre les inévitables changements dans les modalités d’une même institution, on appliqua sans distinction le même titre à des personnes qui se trouvaient dans des conditions très variées. Néanmoins on peut retenir de cette rapide incursion dans le passé de l’oblature que celle-ci parait comporter d’une facon normale l'agrégation à un monastère, une offrande matérielle et, dans une certaine mesure, personnelle avec une participation plus ou moins intense à la vie religieuse des moines. Nous verrons jusqu’à quel point cette notion justifie l'appellation dont ont été pourvus ceux qui nous retiendront spécialement ici. É

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