LIVRE II
Rapports personnels dans la famille romaine.
Nous nous efforçons dans tout ce travail et nous nous efforcerons toujours dans nos travaux ultérieurs d’unir intimement dans l’étude du droit l’histoire et la philosophie. Car nous croyons fermement que le droit, privé de toutes les deux ou privé seulement de l’une ou de l’autre, est une lettre morte. S’il est vrai de dire, avec Malebranche, rebuté par la manière dont on étudiait alors l’histoire, que l’histoire dépouillée de tout esprit philosophique est une profonde ignorance ; il n’est pas moins vrai que la philosophie, séparée de l’étude attentive des éléments de fait que lui fournit l’hisloireet l'observation, est une science creuse et impuissante. Nous voulons une philosophie pratique, une philosophie vivante, agissante , une philosophie qui raisonne non sur des mots, mais sur des choses ; non pas une philosophie abstraite et nominaliste, mais une philosophie concrète et réaliste dans le vrai sens du mot. Nous croyons pouvoir réunir les deux méthodes, historique et philosophique, dans la division suivante qui nous permettra de suivre à peu de chose près le développement historique de la législation romaine , en gardant en même temps l’ordre logique des idées et en rangeant les différents
droits sous les divers chefs auxquels ils appartiennent rationnellement et principalement.
Nous verrons dans un premier titre le droit de correction, caractérisé surtout par le droit de vie et de mort. — Dans un second titre nous examinerons les droits de puissance proprement dite d’abord dans l’intérêt du père même, comprenant surtout le droit de vente ; puis dans l’intérêt du fils, comprenant certains pouvoirs de protection chez le père et les précautions prises successivement par les lois en faveur des enfants. — Dans un 3' titre nous verrons le droit de garde, c’est-à-dire les diverses actions qui protègent et mettent en œuvre le droit de puissance paternelle. — Enfin dans un dernier titre nous étudierons divers droits qui survivent à la puissance paternelle, tels que les modifications que doivent subir les actions des enfants sortis de puissance contre leurs ascendants.
TITRE PREMIER