‹ Le droit de famille chinoisChapitre 15 sur 37 · LE CÉLÉURATION DD MARIAGE · texte numérisé non relu

LE CÉLÉURATION DD MARIAGE

Le mariage, dit le L'iki (Legge, Vol. II p. 428) "devait être une alliance entre deux familles de noms différents, dans le but rétrospectif d'assurer le culte des ancêtres, et d'établir, pour l'avenir, et d'ime manière durable la continuité de la famille."

"Aussi l'homme noble y attache-t-il beaucouj»

de valeur. C-'est ainsi que la proposition du

• ■ -e par un cadeau (toujours imo oie), hi

■It; vr-w, de la fiancée, la communication

que rhoroscoj)e a été adnn's, Tacceptation des

cadeaux et la prière de fixer le jour du mariage,

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toutes CCS C'éréinonie.s préparatoires étaient remplies pendant que les membres de la partie principale se reposaient dans le temple des ancêtres, étendus sur une natte ou une chaise longue."

Aussitôt que les parties désirent conclure le mariage, on envoie comme cadeau, au père de la fiancée, des étoffes de soie (|flj ^{|^ »a-p/, en langage familier p^ jji^ ta-li^ la grande cérémonie), et l'on échange un autre dociunent appelé |§ ^- U-cliou comme dans les fiançailles, ou ^ ^' lioun-clni.'^

Cet écrit indique également la somme qui a été payée pour la fiancée. Le mariage est donc précédé d'un achat qui n'est pas une vaine formalité comme la coemtio romaine, mais un vrai achat comme dans les anciennes coutumes germaines et dans le droit judaïque.

En recevant l'argent de l'achat, le père de la fiancée abandonne sa fille à la famille du fiancé, à laquelle elle appartient désormais.

!• — Nous trouvons ici une ressemblance éloignée avec le judaïque Ketlinhah ovyypacpr) (7\)bie, 7, 14), conscriptio qui l'uunu'rait les obligations contractées j)ar le mari. Le contrat romain se noniinait pactio nupduhs (^yaniKai ovyypatpai)^ son expédition tubiiha; nuptiuh's.

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On fixe ensuite le jour des noces, apj)elé |-^ 1|5 Vi'lùng-t'chi, (en langage t'umilier '-^ [3 soung-je, envoyer le jour), et ce jour-là, on porte les présents do mariage, ainsi que les meubles, les caisses à habits, les diverses victuailles, etc., de la fiancée en grande parade à travers les rues. Elle-même est conduite aux sons de la musique, dans un palanqxiin fermé, décoré et tendu de rouge, jusqu'à la maison de son fiancé qui lui souliaite personnellement la bienvenue (§i5§ f-chin yiny.y

Les fiancés s'agenouillent alors ensemble devant l*autel ou plutôt l'armoire des ancêtres du fiancé (^- '^ pai f'ang, adorer le portique, ^ 3^ iik pcd-t^u'^^-t^i adorer le ciel et la terrej. Us boivent ensuite le breuvage des fiançailles, (^ tchin) ordinairement dans deux coupes réunies j)ar un ruban rouge ^ et le mariage est

^- — La clôture des noces judaïques consiste en ce que le fiancé conduit sa future dans la chambre nuptiale, ou la reçoit dans sa maison. De nos jours ils ont la Chuppali, un baldaquin sous lequel on cêlcbre à la fois les fian^'aillcs et le mariaL'e. V. ]\I. Sachs. Gebeibuch der Israeliten. Breslau, 1S92, p. 466.

~ — D'apr^s le Liki (Legge Vol. II p. 429) c'étaient les deux moitiés creuses d"un melon. Comp. le brcuvaixo des fian<;ailles des Gcimaius, Ihuvitnniri. AVeiubold, ï)te deuhcken Fraueu iiii MilU'lulte)\ p. •i-JJ,"J64.

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ainsi c-onclii {y^ jjj^- Vchena-Jl). La teinnie a })oiir toujours (juittô sa famille {j^kM ^''■J^ou kiaY et appai-tient désoriuuis à celle de son inari,^ c.-à.-d. qu'elle reconnaît les parents de son époux comme les siens, et porte leur deuil plus longtem})S (trois ans) (jue celui de ses propres parents, (un an.)'*

En Chine, l'Eglise n'a rien à taire dans le mariage ; de môme les cérémonies et les fêtes accoutumées ne sont ])as nécessaires pour la conclusion d'un justum )nalrunonhnn ; pour autant qu'existe le consensus matrimoniaUs non j)as des fiancés, mais des personnes qui ont -igné le contrat. La fiuni.'éc, p. ex. est-elle

1- — Cette exprcs.-^ion s'applique aussi aux enfants (^iii deviennent prêtres ou rclitrieuses.

2- — D'aprc's les moeurs Chinoises, l'homme doit >'atta('hcr à ses parents et sa femme doit l'imiter. Le (3in'istianisme, en exigeant (jue l'homme quitte son jiiTc et sa mère ])our s'attacher à sa femme {Math. XIX, >, Gai. IV 22-2M, Ephcs. Vol. 31) n'a exprime qu'à ju'ine le sentiment général; le droit romain et des législations modernes lui sont aussi opposés. Les ])aro!es ônu)nvantes que Rulii, la ]\loabite, adresse à sa bell -mèrejuive (Ihilk. I, Ui; comj). 2, Sam. XV, 21) sont souvt-nt usitées dans les allocutions luqxiales, mais sigiiitieiit seulement (|ue Ruth, l'aïeule de la maison de David, adhère aux erojances juives.

3- — Le droit judaïque a quehjue chose d'analogue. (v. Mayer l.c Vol II, p. 2 §.3.)

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clevc-e dans la maison de son futur,* ce qui arrive quelquefois, le palanquin rouge, la musique et la ])arade des présents à travers les rues deviennent inutiles. 2 Mais, comme les Juifs, les Chinois invitent de nombreux hôtes, 1 parents et amis, qui célèbrent la fête trois jours durant, et lui donnent ainsi une notoriété suffisante et rimportance voulue. (ZZ/Cv', Legge. Vol. I, p. 78). 3

Le mariage, comme nous l'avons vu, est conclu en Chine par la volonté des parties dirigeantes, volonté qui se manifeste publiquement de diverses façons. Il en était de même d'après le droit romain,'* et par dérivation.

1— V. "Adoption."

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