‹ Le droit de famille chinoisChapitre 23 sur 37 · POLVGAMIE ET POLYANUUIE · texte numérisé non relu

POLVGAMIE ET POLYANUUIE

L'antiquité ne pivsonto nncnn peuple strieteuioiir monogame, La ]>oiygamie est une coutume oénérale, sans distinction de rang entre les femmes, Xous trouvons ce[)endant une espèce de monogamie accompagnée de polygamie autorisée, c'est à dire avec une épouse et ])lusieurs autres fennnes. Dans ce cas les concubines sont des esclaves, et soumises à 1 épouse.*

La sensua1it(' du mari n'est pas toujours le mobile dirigeant de la polygamie. En général, ce sont la stérilité de la femme, et le désir d'augmenter le prestige de La famille par un grand nombre de* fils. Chez les Juifs, la polygamie était une vieille coutume que la loi de Moïse n'a ni sanctionnée, ni abolie ; elle jugeait sagement (|u'un usage si ancien ne pouvait se modifier cpi'avec le temps. L'Ancien Testament cite })eu de cas de ]>olygamie, Abraliam ])rii Agar comme concubine, et la l'cmoya l<)rs(]uc s;i l'cnnne Sarah lui donna lui

1— C. N. Stai-kc, I.e., p. 261.

64 I-jC Mariage.

fil?;. ■* Il avait on ui.ti-o ^d'autres concubines (Gentse XXA^, (!). E>aii avait |)lusienrs fennnes. Jacol) avait deux soeurs eonnne éjiouses : lica et Ivaehel ; en outre, (\('\\\ eoncuhines : Billia et Silpa, dont les tils étaient absolunu^nt légitimes. La ])olygamie do Salomon, dont la cause princij)alc était, sans doute, son amour du faste et de la nuionificence a été sévèrement coiulamnée. (l. Roh. Com]). Maft/u'eu XVll, 25, Luc I, ").)" Ce n'est qu'au onzième siècle ((ue, du moins en Europe, la ])olyii"amic chez les Juifs a été déiinitivement abolie ]iar le liabbin (icrscliom de AVorms. avec l'appui de plusieurs autorités.

En Chine c'e>t analoo;ue. Ki fennue est-elle stérile, son mari peut prendre une concubine ; mais o'énéralement ])as sans rassentiment de son épouse. La piété filiale exige la conservation de la famille (^t l'existence ininteri'ompue du culte des ancêtres. ^ Les conçu lii\ies sont

1- — IsDiaël était son fils légitime, et il est contraire à lout sentiment humain qu'Abraham, cédant à la jalousie de Sarah, l'ait repoussé avec,' Agar.

-■ — Aux teuips du Talnnul, la concubine (pilegesch) était aussi femme légitime, mais sans rcDgagemont (kethuhalt) ({ui ne revenait (ju'à l'épouse. Keth. h, 2, G.

-h — MenirfsiJiï: JV, XXVI, 1, 1, (Legge Vel. IJ p.

18*J) ^"^^^ Zl.f^h^^'01'P^ pou hsiuo yoti san, won heou

Le Mariage. 65

placées sous l'autorité de l'éponge ; leurs eiilants lu considèrent comme leur mère,i et portent son deuil pendant toute la durée prescrite. Il est évident que ce n'est là qu'une exigence extérieure, et que l'entant considère et resj)ecte comme telle, sa vraie mère. Si donc, J. Unger^ dit que les enfants traitent avec mépris leur mère qui est concubine, cette assertion provient d'un man([ue de coniiaissances exactes. ^

Dans les l)asses classes du peujde, la polygamie se rencontre rarement. Dans les familles aisées, la fennne n'est en général guère plus âgée que son mari ; conmie elle nourrit d'ordinaire ses eulants très longtemps (cinq ou six ans), elle vieillit plus ra})idement que ses soeurs d'Euro})e. Elle reste à la maison pendant que son mari, marchand ou fonctionnaire, est queltpu' t'ois absent jxuidant des années. Il est rare (ju'un homme prenne une concubine tant que sa lemnie est jeune: ^^^ij^^^i^

xvd ta. Xe \yù.% laisser de dcsciMulance est le plus grave \ «les trois actes contraires à la j^iété filiale. J

1- — Ils rappellent ti-mau i'}k^^^■) ; H c'est l'épouse eu opposition à ^f-Û: chnn, la conculàne.

2 — I. llniror. Die E/te in Hirer icclthistorischen Entwick(;hn)^. "^'ienne ISÔO. \\. 17.

a— C. N. Stai-ke, I.e. p. lôS.

66 Le Miin'(!/^i'.

f-chu f-clà tchu te f-chit tchie frlm .»-. On prend une épouse ])Oiir sa vertu, luie concubine pour sa beauté, dit un jiroverbe.

Les missionnaires considèrent la polygamie comme la princi[)ale cause de nombreuses souffrances morales et de suicides. C'est exagéré. La plu})art des cas de polygamie se présentent dans les familles riches, auxquelles leurs ressources permettent des habitations séparées pour chaque femme. La vie de famille n'est donc pas du tout troublée par des querelles de femmes. 1 La })olygamie est sans doute im grand mal, mais elle existe depuis si longtemps qu'il faudra beaucoup de temps pour l'extirper. Le christianisme lui-même n'y a pas opposé de déclaration directe.- L'Evcque Colenso estimait qu'un homme qui a plusieurs femmes n'était pas tenu d'en renvoyer aucune après sa conversion. ^

1- — Un pi'overbe badin dit ])ai- contre: Des jolies filles et d'aimables concubines, m^ contribuent pas au

bonheur du foyer, j^^-'^^^^^^^J^^M P^ '««' t'cliie tchiaufei kuei fung tela fou.

-■ — L'cvèque seul devait être le mari d'une seule femme, 1 T'huothée 3, 2 ; Titus 1, 6, 7: jùaç ywainùç àvi]p.

3- — V. sa lettre à l'ArcUevècjue de Cantorberj, Cambridofe, 1862.

Le Manage. 67

En (*oi-é(>, où sont eu vioueur les niênies lois (le famille (jii'en ( 'liine, il existe une noblesse liéréditaire sans classei». Dans les familles nobles, les fils de concubines n'héritent touterbis pas (le la noblesse de leur pèvo; on les appelle

La polyandrie,! ou mariag-e avec plusieurs hommes, dont nous devons parler dans ce chapitre, n'existe, dans la (*hin.e ])roprement dit(>, que dans la ])rétecture de ïino;-tcheou ( /7" J'H M )■> ^''^^^^ lî»- pvoA-ince de Fou-kien. liOs habitants, des Hakkas d'après leur langue, sont excessivement ])auvres. Cette coutunu^, qui a été égalenuMit apportée à Formose par des emigrants, est. d'oi'igine purement locale; elle n'a d'autre cause que la misère de ce district, et n'est en usage que chez les })îus misérables. Dans le niênu) district, l'intanticide est à

1- — La polyamlrio existe surtout au Tliibct (C. N. N Starke cite d'autres peuples, 1 c. p. 163). Voici en quoi elle consiste : Loi'S(pril y a plusieurs fils dans la uième fauiille, les plus jeunes, s'ils sont d'accord, devieiuient les maris subordonnés de la femme de leiu* frère aîné. Tous les enfants sont attribués à l'aîné. V. INIoorcroft Vol. I, p. 3-21, et C N, Starke I.e. p. 134. C. R. ]\Iarkliam {Narrative of the Mission of George Bosnie to Tliihet, London, 187.) j). 33f)) cite Iloracio délia Pena (1730), suivant lecjuel c'est la-fenune cpii tranche la «piestion de la paternité de chacun de ses enfanis.

68 Le Mariage.

l'ordre (hi jour. La j)olyaii(lrio t't rint'aiiticiile résultent tous deux de Textreine ])auvreté. 11 n'en est donc pas à ce sujet, conun<' le pretend MacLennan. D'après lui, l'intanticide résulterait de la vie nonuide des bordes primitives, et la polyandrie en serait une conséiiuence naturelle, vu le nuuKjue de temnies. (>SV»^//^.v, ]>. 131, 114).

Les frères sont, du reste, alternativement et ])ériodi(|aenu'nt en posse.ssion de leur temtne.

Le M arm Si'' • 6q

Page 1