‹ Le Droit de Glanage: Patrimoine des PauvresChapitre 113 sur 248 · IOANNIS CALVINI OPERA — SERMON CXLI XVIT · texte numérisé non relu

IOANNIS CALVINI OPERA — SERMON CXLI XVIT

est renoncé à un tel benefice, voire mesmes nous avons falsifié nostre Baptesme : que dés nostre enfance Dieu nous avoit marquez, pour dire que nous estions de sa maison et de son Esglise. Et comment avons-nous veseu du temps que nous estions Idolatres? Nous avons aneanti la grace par laquelle Dieu nous avoit appellez à soy, voire entant qu’en nous est : car la bonté de Dieu a tousiours surmonté, et sa verité a esté si ferme, qu’elle a veincu toute la malice des hommes : que s'ils ont esté desloyaux, Dieu continue neantmoins à se monstrer fidelle, tellement que le Baptesme que nous avions effacé, demeure tousiours et a sa vigueur : mais cela n’est point de nous. Tant y a (comme ray dit) que nous estions plongez en toute ordure, en toute pollution, et que de corps et d’ame nous estions tellement souillez en toutes ordures, que c’estoit pour nous aliener pleinement de Dieu. Or il nous a retirez de là : et maintenant nous sommes citoyens du royaume des cieux, nous sommes reconciliez avec luy, nous sommes adoptez comme enfans du pere : et cependant que nous luy soyons ingrats, et que mesmes nous venions à nous enorgueillir : comme beaucoup cuident merveilles, et cependant ne cognoissent point qu'ils sont lenus à Dieu de tout le bien qu'ils ont. Voila donc comme nous sommes solicitez à nous humilier : et en faisant recognoissance à Dieu des biens et dons que nous avons receus de luy, d’en user en telle sorte que le tout se rapporte à son honneur, qu'il soit servi de nous, et qu'un chacun s'applique à son obeissance, et puis apres que nous soyons incitez d’avoir compassion de nos prochains. Quand nous voyons les povres incredules qui sont encores là transportez en ceste ignorance de la papauté, el en ces superslitions damnables, helas ! nous devons penser que nous leur ressemblions, iusqu'à ce que Dieu nous ait retirez : et que nous oublions cela à cause du mespris, comme nous voyons que beaucoup desdaignent les Papistes, qu’ils s’en mocquent. El cependant ils n’en ont nulle pitié. Et pourquoy ?

Page 1