‹ Le Droit de Glanage: Patrimoine des PauvresChapitre 162 sur 248 · ENQUÊTE AGRICOLE DE 1866 LXXIII · texte numérisé non relu

ENQUÊTE AGRICOLE DE 1866 LXXIII

d'hui, grâce à Dieu, les choses ont changé, et la règle, c'est que les enfants de tout individu qui est sur la limite de l'indigence doivent être admis gratuitement dans les écoles primaires. C’est la meilleure manière de répondre à ceux qui réclament l'instruction gratuite et obligatoire. Il faut être tellement large qu'aucune personne étant dans le besoin ne puisse se plaindre (Vive approbation). Le jour où cette règle aura reçu cette application dans tous les départements, les réclamations disparaîtront tout naturellement.

En ce qui concerne le glanage, il y a une certaine mesure à garder dans la limite à établir entre les infirmes et les gens valides ; il y a là un point difficile à apprécier : tel individu qui, dans la forme extérieure, paraît valide, au fond ne l’est pas, et ne peut travailler comme moissonneur. Celui-là, à mon avis, doit être rangé parmi ceux qui ont la permission d'aller glaner la moitié de la journée. Mais j'ai reconnu, par expérience personnelle, que les autorités locales n'étaient pas suffisantes pour résister aux envahissements. Il faut donc qu’elles soient couvertes par l'autorité préfectorale. Je ne voudrais pas en cette manière de l'intervention des conseils générux, — j'en demande pardon à ceux qui ne partagent pas mes opinions, j'aime les responsabilités qui sont réelles; — je ne voudrais pas que cette responsabilité se divisât sur quinze ou vingt noms et qu on se trouvàt en face d'un vote anonyme, émanant d'une majorité dont on ne connaîtrait pas les éléments, mais que chacun püût dire, s’il trouvait la liste mal dressée : «Je sais à qui m'en prendre. » Si j'avais à faire la loi tout seul, ce serait le maire qui dresserait la liste d'après les éléments qui sont en sa possession, et cette liste serait envoyée ensuite au préfet, avec les notes à l'appui, les certificats des contributions, etc., etc. Le préfet approuverait la liste, ou, suivant les circonstances, rayerait peut-être deux ou trois noms, couvrant de cette manière la responsabilité du maire, qui, eu égard au suffrage universel, ne serait jamais assez fort pour exercer sur ce point, à lui seul, une autorité suffisante vis-à-vis des habitants de la commune.

J'ai beaucoup réfléchi à cette question, et dans les trois départements où j'ai présidé l'enquête et où cette question a été

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