Le glanage n'est plus en usage. Au temps des
(1) Code rural Belge. De la police rurale, titre I, chap. Fr. art. 50, 1°.
Turcs cependant, les peuplades appelées Tchernès le pratiquaient. Certains propriétaires laissent ramasser, après la récolte, toutes sortes de fruils ; ces tolérances sont expressément soumises à la volonté des agriculteurs qui sont souvent obligés de s’y refuser, malgré toute leur bonne volonté, en raison des déprédations commises dans les plantations (1).
Section IX. — ESPAGNE
70. La loi interdit tout accès sur la propriété d’autrut, par conséquent le grappillage etle glanage sont en principe prohtibés.
T1. Cependant, par suite de coutumes fort anciennes, après la vendange les indigents grappillent dans les vignes.
72. Les propriétaires, quine veulent pas que l’on pénètre sur leurs terres, ou qui tiennent à se réserver le bénéfice du grappillage, plantent quelques roseaux sur les limites de leurs vignes ; ces signaux, constituent l'interdiction d'entrer.
73. D’après nos correspondants, le grappillage et le glanage ne portent pas de tort appréciable aux propriétaires, par contreils procurent quelques petites ressources aux Indigents, qui sont nombreux en Espagne, et fort intéressants pour la plupart, car ils sont généralement travailleurs.
74. Cependant la coutume du grappillage, notamment, donne lieu à certains abus, car les vendangeurs qui deviennent quelques jours plus tard grappilleurs, ou-
(1) Lettre de M. Woultcheff, à Initza.
blient facilement à dessein de beaux raisins sur les souches ; il s'en suit qu'une surveillance active à la vigne devient nécessaire au moment des vendanges.
75. Pour les fruits, oranges, olives, il n'existe aucune coutume analogue au grappillage. Telle est la règle générale qui comporte pourtant des exceptions. Ainsi à Don Benito, le grappillage des olivesetle glanage, réglementés par la municipalité, sont exercés par les pauvres gens.
T6. « Après la moisson de toutes les sortes de céréales, les maires font publier un ordre, autorisant les gens pauvres à aller ramasser les épis tombés sur le sol, et ce ramassage ou glanage, dure de 8 à 10 jours après lequels on cède les terrains moissonnés pour un prix convenu pendant un laps de temps convenu, pour que les brebis et les porcs mangent la paille et épis oubliés, que l’on appelle « rastrojo». Après que le bétail y est passé, on met le feu à ce qui reste.
TT. » En Catalogne et particulièrement dans le département de Tarragone, grappillage et glanage se disent : «ergrassota » et « espigola », selon que l’on ramasse les raisins ou toutes sortes de céréales, olives, noisettes, elc. après la récolte.
78. » Dans cette province personne n'a le droit, ni de par la coutume ni de par la loi, de prendre quoi que ce soit dans la propriété d'autrui. Personne n’a le droit de pénétrer dans les propriétés d'autrui pour prendre des fruits sans le consentement du propriétaire. Si quelqu'un y entre, le garde-champêtre ou un gendarme met le délinquant en prison, et il à un procès devant les jurés ; presque toujours le délinquantest puni de prison. Dans un seul village, à 14 kilomètres de Reus, nommé Alforja, d'origine arabe,
existe la coutume, avec la permission du propriétaire, de glaner les noisettes qui restent dans la campagne après la Saint-Michel (29 septembre) ; mais elle perd un peu de sa force, à cause des abus qui ont été commis ». (1)
Section X. — Erars-UniS (CALIFORNIE)
79. Les céréales sont moissonnées à la machine. En principe, on ne coupe de latige qu’une longueur suffisante pour que les épis puissent être convenablement traités par la batteuse. Le restant de la tige demeure sur le champ, érigée et telle qu'elle y a poussé. Ces chaumes, avec les épis tombés et les grains épars, servent comme pâturage de fin d'été ou d’automne, aux chevaux el bêtes à cornes. L’atmosphère est sèche, et en général il pleut rarement en quantité appréciable avant le mois de décembre ; cela explique la bonne conservation de ce genre de pâturage, et c’est la coutume d'exploiter ainsi les champs de céréales.
30. Certaines variétés de cépages y produisent quelquefois une seconde récolte assez considérable, résultat d'une seconde floraison tardive de la vigne. Elle mürit environ une quinzaine de jours après la première, ou vraie récolte, et se vend un prix de 1/4 à 1/5 moindre que l’autre. Elle n’est pas vendangée les années où il pleut de bonne heure, pendant le mois d'octobre ou le
(1) Lettres de M. P. Saera, à Buriana ; du docteur Sabater, à Barcelone; de M. Gaubert, à Alicante ; de M. de Henriar, de Lagrono; de A. Colomer, à Valence ; Cazalet, à Don Benito; José Cascove, à Valence,
commencement de novembre, car en ce cas, le raisin ne mûril pas suffisamment. Pour être marchand, il faut qu'il dose de 20 à 21 0/0 de sucre.
81. Les variétés qui produisent ordinairement une seconde récolte sont les suivantes, classées par ordre de fertilité : Zinfandel, Mission, Carignan, Mataro, Muscat.
82. On ne ramasse jamais les grappillons, il n'y a que les oiseaux qui en profitent. Il en est de même pour les fruits, oranges, olives, etc. (1).