SUR GROTIUS ET SON TEMPS. XZV
rends encore moins théologiques de ce gouvernement avec son stadhouder. Des divisions éclatèrent. Les partisans d'Arminius, craignant d'être opprimés par leurs adversaires, présentèrent en 1610 une Remontrance aux États de Hollande : ce qui donna lieu dans la suite de les appeler Remontrants. Ils commencèrent par se plaindre de ce qu'on les accusait injustement de vouloir introduire des changements dans la religion, et de soulever des désordres; ils exposèrent la doctrine de leurs adversaires, et résumèrent la leur en cinq articles.
Les États de Hollande, jugeant avec raison que la religion n'était point intéressée dans ces vaines disputes, cherchèrent à les étouffer, et exhortèrent les deux partis à la tolérance. Mais lesGomaristes qui se flattaient d'obtenir, dans un synode national, la condamnation des Remontrants, ne voulurent point souscrire à la décision des États. Ils excitèrent des soulèvements parmi le peuple.
Les Etats se virent forcés de rendre, sur la proposition de Barneveld, un décret qui autorisait les villes à lever des troupes pour leur sûreté, et pour la répression des désordres.
Ce décret devint le signal de la guerre civile. Maurice de Nassau, prince d'Orange, gouverneur et capitaine général, dès longtemps l'ennemi de Barneveld, saisit cette occasion de faire éclater sa haine. Il affecta de regarder le décret des États comme une atteinte à son autorité. Sous le prétexte d'en tirer justice, il rassembla des troupes, entra dans la Hollande à main armée, s'empara des villes, chassa les partisans d'Arminius, dont il lit condamner la doctrine dans un synode réuni à Dordrecht (1618), et jeta dans les fers Barneveld, HoogerberU, Pensioimaire de Leyde, et Grotius, soupçonnés de îavoïVse^