‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 52 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SI L\ ftUERRE PEUT ÊTRE QUELQUEFOIS JUSTE.

I. On prouve par plusieurs raisons que le droit de nature n'est [ contraire à la guerre. — II. Par l'histoire. — III. Par le eonsen ment. — IV. On prouve que le droit des gens ne s'oppose pas è guerre. — V. On démontre que le droit divin volontaire, av répoque de l'Évangile, ne répugne pas à la guerre, et on résout objections faites à ce sujet. —VI. Remarques préliminaires pour s vir à décider la question si la guerre est contraire à la loi de TÉvi gile. — VII. Raisons pour la négative, tirées des lettres saerj — VIII. Solution des arguments puisés dans les lettres sacrées p l'arfirmative. — IX. Examen du sentiment des anciens chrétiens sni sujet. — Les adversaires de la guerre sont de simples particuliers l'attaquent en forme de (fonseil, plutôt qu'ils n'ont fait un précepfa leur manière de voir. Leur opinion est repoussée. — X. L'opinion i traire est confirmée par l'autorité publique de l'Église, le eonsenten général et l'usage des temps.

Après avoir vu quelles sont les sources du droit, nons à la première et la plus générale question : (M de savoir s'il est quelque guerre qui soit juste, ou est quel(juefois permis de faire la guerre ^

* Groth's, dans ce chapitre, recherchera s'il est quelque guerre soit juste. II examinera cette question au point de vue du droit naU Suivant lui, les principes naturels primitifs sont plutôt favorables que traires à la guerre, puisque le but de la guerre est la conservation é vie, la défense du corps, l'acquisition et la protection des choses util l'existence. Dira-t-on que la guerre est un état de violence ? Mais ton animaux sont pourvus d'armes que la nature leur a données pour fés aux attaques dont ils sont l'objet, ou pour se procurer violemment ee est nécessaire à leur vie. La droite raison et la nature de la société nli

liTRE I, CHAHTRE IT. 105

I.-l. Cette question elle-même, comme les autres qui se présenteront dans la suite, doit être examinée d'abord au point de vue du droit naturel. — Marcus Tullias Cicéroli, tant dans le troisième lî>Te de son traité Bepnibus que dans d'autres passages, dit avec érudition, d'après les ouvrages des stoïciens, qu'il y a certains principes naturels primitifs — premiers par nature, selon les Grecs, — et certains autres, secondaires, mais qu'on doit préférer aux principes primitifs. Il appelle principes prmitifs ceux d'après lesquels tout animal, dès le moment de sa naissance devient cher à lui-même, est poilé à se consener, à aimer son état et tout ce qui tend à le maintenir, a horreur de la destruction et des choses qui paraissent capables de l'amener. D'où il arrive, dit-il,

dittDt pas tout emploi de la force, mais seulement les voies de fait en oppobtion avec la vie sociale, c'est-à-dire portant atteinte au droit d'autrui. Le bit de la société est, en effet, que chacun soit maintenu dans ce qui lui ipitrtieDt, par Teffet d'un concours commun et la réunion des forces de toos. L'emploi de la force, lorsqu'il ne viole pas le droit des autres, n'est <lont pas injuste. Toute fruerre n'est donc pas contraire au droit naturel. Cette proposition est démontrée par des exemples puisés dans l'histoire sacrée; elle est prouvée par l'accord unanime de toutes les nations et de teiB les sapes.

Si le drort de* gens naturel ne désapprouve pas toute espèce de {xuerres, ^ droit des gens volontaire ne les condamne pas davantage. Quant au ^Toit divin volontaire, la question peut être posée, car le droit n'est impiisant que pour interdire ce qui est étahli par le droit] naturel ; or la pierre n'est que permise, que tolérée par le droit naturel, et consé- •PWfflient le droit divin volontaire pourrait la prohiher. D'où plusieurs rfijertions tirées de l'Écriture sainte, tontre la guerre considérée comme «oloméc par le droit divin volontaire. Cfrotius réfute ces ohjections di- ^«Res, et proclame qu'il n'est pas naturellement injuste que chacun souffre *^t (le mal qu'il en a fait. Cette proposition conduit notre auteur à justifier l'usage des peines capitales, avec force citations puisées dans l'histûire et dans la loi des Hébreux.

Comme rAncien Testament, l'Évangile n'est contraire ni à la guerre, ni w droit de glaive, et Grotius le j)rouve par d'abondautea dUWom.

qu'il n'y a personne qui n'aimât mieux, si on lui donna le choix, avoir toutes les parties de son corps bien dij posées et entières, que de les avoir mutilées ou difforme: Le premier devoir est donc de se conserver en Tétat o la nature vous a mis, de retenir ce qui est conforme àl nature et de repousser les choses qui y sont contraireî

2. Cicéron fait venir en second lieu la notion de 1 convenance des choses avec la raison, qui est d'une m ture plus excellente que le corps (*). Cette convenano en laquelle consiste l'honnête, doit être estimée davau tage que les choses où se portait d'abord le seul dési de l'appétit naturel, parce que bien que les premières ino pressions de la nature nous renvoient à la di'oite raison la droite raison doit nous être plus chère que les chose par lesquelles nous y allons {**). Cette vérité étant coni tante, et ayant pour elle le sentiment de tous ceux qi ont le jugement sain, sans qu'il soit besoin d'aucun autre démonstration, il s'ensuit que lorsqu'il s'ag d'examiner ce qui est de droit naturel, il faut voir d'i bord ce qui convient à ces premières impressions de 1 nature, et passer ensuite à ce qui, bien que n'ayant pr naissance qu'après, est cependant plus excellent et do non-seulement être embrassé, si on l'a, mais encore êti recherché de toute manière.

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