III. — Que dirons-nous * ? Les eifets de droit qui dépen
(*) C'est ce que les Grecs appellent, par allusion à un fait de Tbistoire d'Athènes, aller rechercher ce qui était avant Euclide (a). Nieétas, entre autres auteurs, s'est servi de ce proverbe dans la vie d'Alexis (&), frère d'Isaac (c), en parlant de l'Empereur Henri, fils de Frédérie : « Il n'avait pas houle d'aller ainsi rechercher ce qui était avant Euclide » (lib. I.).
Grotius.
(**) «Ces terres, cependant, dit Florus (lib. IIl, cap. xiii), qui leur avaient été laissées par leurs ancêtres, ils les possédaient depuis un temps éloigné, qui leur servait comme de titre héréditaire (d}. »
Grotids.
* a Que dirons-nous là-dessus? Voici, à mon avis, les principes qu'il faut poser, » dit Barbeyrac dans sa paraphrase. Courtin fait une digression plus éloignée du texte encore : « Que dirons-nous? Nous dirons qu'il est vrai que l'on ne peut avoir droit sur quelque chose qui est à autrui, sans sa volonté; l'effet de ce droit dépend de sa volonté ; mais que touteibis cet effet ne se peut obtenir par un simple acte de volonté, si cet acte
De se manifeste par quelques signes » Voici le texte de Grotius:
« Quid dicemus ? Juris effectus qui ah animo pendent^ non possiint
(a) Cet Euclide était archonte à Athènes, pen de temps après l'établissement de cette charge. (B.)
(6) Alexis Comnène. (B.)
(c) Isaac l'Ange. (B.)
(<f) n s'agit ici de la sédition soulevée par les tribuns, qui voulaient qu'on fit de nouveaux partages de terres. (B.)
dent de la volonté, ne peuvent cependant être obtenus par un simple acte moral ; il faut que cet acie soit manifesté par quelques signes extérieurs. C'est qu'en effet il n'est pas conforme à la nature humaine, qui ne peut connaître les actes que par des signes extérieurs, d'attribuer force de droit aux simples actes intérieurs de la volonté. Voilà pourquoi les actes purement internes ne sont pas soumis aux lois humaines ' . Mais les signes qui désignent les actes de la volonté n'ont pas une certitude mathématique, ils n'ont qu'une certitude probable ; car les hommes peuvent parler autrement qu'ils ne veulent et ne pensent, et déguiser même leur intention par leurs actions. Cependant la nature de la société humaine ne permet pas que les actes de l'âme suffisamment manifestés demeurent sans effet; aussi, tout ce qu'on a donné à connaître par des signes suffisants est tenu pour vrai contre celui qui a employé ces signes. Voilà donc la difficulté levée pour ce qui regarde les paroles.
IV. — 1 . Pour ce qui est des faits, on considère comme abandonné ce qui est rejeté, à moins que ce ne soit dans de telles circonstances qu'on doive regarder ce délaissement comme exigé par la nécessité du moment, et avec l'intention de recouvrer la chose rejetée [l. IX, §. ult.,
tamen ad soîum animi actum consequi, nisi is actiis signis quibusdam indicatus sit„, j> P. P. F.
* Il n'y a par conséquent pas de loi plus subversive de l'ordre social, que celle qui s'attaque à la base même de la justice, en cherchant à enchaîner le libre arbitre et à violenter les consciences; il n'y en a pas qui soit plus immorale, car elle tend à enlever tout mérite aux actions des hommes; il n'y en a pas enfin qui soit plus despotique et pks arbitraire; car la pensée, tant qu'elle ne s'est pas manifestée par des actes extérieurs, est en elle-même quelque chose d'insaisissable qui échappe aux investigations humaines, et, partant, ne saurait être interprétée que d'une manière incertaine et arbitraire. Telle était sans doute la pensée de Grotius (Voir Houzel, Contiiution sociale, 1848, p. 416 et 417).