LIVRE 11, CHAPITRE XV
pas d'accepter l'eau que lui présentait la femme Samaritaine, tout observateur qu'il était de la loi. David autrefois aussi avait cherché un asile chez des peuples éloignés de la vraie religion !, et nulle part il n'a été blâmé pour cela. Les paroles suivantes sont attribuées, dans Josèphe, à Salomon dédiant le temple, et priant pour que Dieu exauce les prières qui y seraient faites même par les étrangers : « Nous n'avons pas un naturel inhumain, et nous ne sommes pas mal disposés contre ceux du dehors. »
5. 11 faut éxcepter de cette règle non-seulement les peuples que nous avons dit plus haut, mais de plus les Ammonites et les Moabites, au sujet desquels il est écrit au Deutéronome (xx, 6): « Tu ne rechercheras pas leur PROSPÉRITÉ — il vaut mieux dans cet endroit traduire ainsi que de cette manière : LA PAIX AVEC EUX — ni leur bien en aucuns jours de ta vie. » Par ces paroles les traités tendant à leur procurer un avantage sont défendus avec ces peuples, mais le droit de leur faire la guerre n’est pas accordé pour cela; ou du moins, ce qui est l'opinion de quelques Hébreux, il est défendu de leur demander la paix, mais non pas de l’accepter quand ils l’offriraient. Le droit d'attaquer les Ammonites est certainement refusé aux Hébreux par le Deutéronome (u, 19); Jephté ne prit les armes contre eux qu'après avoir tenté les voies d’une paix équitable (Jup., xt, 16)2, et David, qu'après avoir été provoqué par des injures atroces (IL Sam, x). Il reste à parler de l'alliance de guerre.
# C'est ainsi que j'ai cru devoir traduire le mot érreligiosi du texte,
le fait d'être indépendant d'une secte, ne supposant pas sat
l'irréligion. P. F.
2 Livre des Juges, chap. x, versets 16 et suivants; ce Fa , en effet,
que dans les versets suivants, qu'il est question des tentatives de Jephté, PP. F.
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JAVRE 1, CHAPITRE XVI. 989
XIV.—1. Nous proposerons eumme autre exemple pris dans une alliance inégale, la convention par la quelle l’un des alliés ne peut faire la guerre sans le consentement de l'autre. Nous avons rappelé plus haut que cette clause avait été formulée dans le traité des Romains et des Carthaginois, après la seconde guerre punique; comme elle le fut aussi dans le traité macédonien avec les Romains, avant le roi Persée (Tire-Live, lib. XLII). Comme l'expression de « faire la guerre » peüt s'appliquer et à toute guerre, et à la guerre offensive, à l'exclusion de la guerre défensive dans le doute, nous prendrons ici le sens le plus étroit, pour que la liberté ne soit pas trop génée.
XV.— De la mème espèce est la promesse faite par les Romains, que « Carthage sera libre ().» Bien que la nature de l'acte ne permit pas d'entendre l'indépendance la plus complète — car depuis longtemps ils avaient perdu! le droit d'entreprendre une guerre, ainsi que quelques autres droits — il leur laissait cependant quelque liberté, et tout au moins autant de liberté qu’il leur fallait pour n'être pas tenus de transporter ailleurs leur ville au gré de la volonté d'autrui. Les Romains argumentaient donc en vain du mot de Carthage, en disant qu'il signifiait là masse des citoyens, et non la ville — interprétation qui peut être concédée, bien qu'impro- “pre, à cause de l’attribut qui convient plus à des citoyens qu’à une ville. — Car il y avait une surprise manifeste dans le mot «être laissée libre,» « autonome,» comme dit Appien.
serve de pouvoir assister son plus ancien allié; et en ce sens, les alliés à rtnir ne sont pas compris dans le traité. » (Le Droit des gens, liv. 11,
it, Guillaumin, 1863, . 11, p.291) PP. F.
pporte (Escerpt. legat. XXVII) qu'on promit de leur laisser « leurs lois, leur pays, leurs temples, leurs tombeaux, leur liberté. » Gnomcs.
1 « Ils avaient perdu, » c'est-à-dire les Cartheginels. P. P. F.
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XVI. — 1. 11 faut aussi rapporter ici la*question fréquemment posée touchant les pactes personnels et réels. Assurement si l'on a traité avec un peuple libre. il ns a pas de doute que ce qu'on lui promet ne soit réel de sa nature, jure que le sujet avec lequel on traite est une ches permanente. Bic plus, quand même la forme de V'Etat est change en ruyvaume, le traité sera maintenu. puce que k même corps subsiste, quoiqu'il ait changé
+. var sénsi que nous l'avons dit plus haut, la soucaenee jur un roi ne cesse pas d'être la sou-
. Ï y a une exception à faire pour cause du traité a été propre à senerement: comme si. par exemple, revten1 une alliance pour défendre
il ne faut pas de ar, ainsi