LIVRE 11, CHAPITRE XIX
les histoires, qu'on avait obtenu la facullé d'enlever les morts (‘). Ily a un exemple dans Pausanias (Auic.) : a Les Athéniens disent qu’ils ont donné la sépulture aux Mèdes, parce que la piété oblige de mettre en terre quelque mort que ce soit. »
3. C'est pourquoi, suivant l'interprétation des anciens Hébreux, le grand pontife, à qui d’ailleurs il était interdit de prendre part à rien de funèbre, devait cependant inhumer l'homme qu'il trouvait sans sépulture (*). Les chrétiens ont attaché tant d'importance à la sépulture, qu’ils ont pensé qu'en vue d'elle, aussi bien que pour aourrir les pauvres, ou racheter les captifs, les vases de l'église, même consacrés, pouvaient être licitement fondus ou vendus (Awsroise, De offic., lib. II, cap. xxvni).
4. Il y a, à la vérité, des exemples du contraire, mais ils sont condamnés d’un commun jugement. « Dérobemoi, je Ven prie, à leur fureur (“*),» est-il dit dans Virgile. « Souillé de sang, il a dépouillé le caractère T'homme, el refusé à ceux qui sont tués une poignée de sable,» y a-t-il dans Claudien. Diodore de Sicile a dit que « c'est agir en bète sauvage, que de faire la guerre à des morts qui ont été de même nature que nous » (Lib. V).
1V.—{. Au sujet cependant des grands criminels, je vois qu'il y a des raisons de douter. La loi divine donnée aux Hébreux, qui est une école d'humanité comme de toute vertu, ordonne que ceux-là mêmes qui étaient suspendus au gibet — ce qui était réputé extrêmement ignominieux (Nousr., xxv, 4 ; DEUTÉROX., XXI, 23; IX Sas, xx1, 26) — fussent le même jour ensevelis. Aussi Josèphe dit que les Juifs ont un si grand souci de la
C2 Voyez plus bas, livre 111, chap. xx, 8 xuv. 6. (°°) Servius remarque la méme chose d'après le droit des pontifes romains. G
€“) Servius en donne cells explication : « … la colère des ennemis. désireuse de sévir même après l'accomplissement des destins.» G.
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