LIVRE Il, CHAPITRE XX
cela a lieu dans les crimes du plus pernicieux exemple (); ou qu’elle ne doive pas du tout être Mfligée, comme lorsque le bien public exige qu’elle soit laissée de côté; ou que l’un ei l'autre soient permis : à quoi se rapporte ce que dit Sénèque, que « la clémence a un libre arbitre. » Le sage épargne alors, disent les stoiciens; il ne pardonne pas. Comme s'il ne nous est pas permis d'appeler, avec le vulgaire quiest le maître du langage, pardonner, ce qu'ils appellent épargner! Cela n’est pas étonnant, car ici, comme ailleurs, ainsi que Cicéron, Galien et d'autres l'ont remarqué, une grande partie des discussions stoïciennes se réduit à des disputes de mots (“*); ce qui doit être évité avant tout par un philosophe. Car comme l'écrivain à Hérennius l'a dit avec la plus grande vérité : « C'est un défaut de soulever une dispute à cause de la diverse signification des mots » (Lib. 1) ; ce qu'Aristote avait dit Il faut prendre garde de ne pas disputer sur les mots» (Toric., lib. I, cap. XVI).
XXIV.— 1. La difficulté paraît être plus grande depuis l'établissement de la loi pénale, parce que l’auteur de la loi est obligé en quelque manière par ses lois: mais nous avons dit que cela est vrai en tant que l'auteur de la loi est considéré comme une partie de’ l'État (**’), non en tant qu'il représente la personne et l'autorité de l’État lui-même. Car en cette dernière qua-
€) Josphe dit que « le parricide viole et la nature et la société humaine, de sorle que ne pas le punir, c'est pêcher contre la na- Ure. » 6.
€) En dehors de toute application, comme dit le scoliaste d'Horace, Auguin (Contrd academicos) dit « qu'il est honteux de se laisser une question de mots, lorsqu'on ne s'est point arrété aux discussions sur les choses. » Gronus. ) Voyez ce qui a été dit plus haut dans le texte et les notes, au chap. 1v, ÿxu de ce livre. 6.