LIVRE I, CHAPITRE XXe
politique, ne peut s'y rapporter non plus. Autre chose, en effet, est d’abolir la loi pour une cause, ou probable ou même urgente, autre chose est de déclarer qu’un fait n'a pas été, dès le commencement, compris dans l’inten tion de la loi.
Nous avons vu ce qui était relatif à l’exemption des peines; voyons ce qui concerne leur mesure.
KXVTIL. — Il paraît, par ce qui a été dit plus haut, que dans les peines deux choses sont considérées : La raison pourquoi, et la fin pour laquelle. La raison pourquoi, c'est le fait d’avoir mérité ; la fin pour laquelle, c'est l'utilité qu'on attend de la peine. Personne ne doit être puni audelà de ce qu'il a mérité {); à quoi se rapportent les vers que que nous avons cités auparavant d'Horace, et ce mot de Cicéron : « Il y a pour la punition une limite, comme pour les autres choses, et une sorte de modération» (Epist. xv, 4d Bru.). C'est pourquoi Papinien désigne la peine par le nom d'estimation (L. Sanctio..., Lig., De pæn.). Et Aristide (Leuciric. 1) dit qu'il est couforiue à la nature humaine que, daus chaque crime, il ÿ ait un point que la vengeance ne doit pas dépasser, Dans su lettre pour les enfauts de Lycurgue, Démosthènus dit que l'égalité dans la peine ue doit pas être considérée aussi simplement qu'en imatière de poids et de mesures, mais qu'il faut peser le dessein et le désir du déliuquaut. Les fautes sont donc dans ls proportiou du mérite, plus ou moins punies, selon l'atilité qu'ou se promet de lu punition.
XXIX.— 1. Dans le mérite il faut considérer La cause qui a poussé !”), la cause qui # dû reteuir. ét la disposi-
(7) Les Milanais raisompent judicieusesseat sur ce sujet, dans ur Larangne qui se irouve dans Gcicaampix, liv. XVII. Compurez avec ce que nous avons dit au ? 11 de ce elupitre, et ce que nous diruu», lis. HI, chap. ui, EL Gaurits.
C7) Chrysostôme dit que Lout péclé De mérile pas La méme peine, et