XXXVUI ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
contre les excès du siège de Rome. Mais son respect pour les écrivains des iv* et v® siècles, se fortifia de plus en plus; il apprit à protester contre le privilège, réclamé par les réformateurs, d'interpréter l'Écriture autrement que ne l'autorisait le consentement des anciens; devant ses yeux flottaient des visions d'union, d'abord entre les Églises luthérienne et anglicane, puis avec Rome ellemême; il cherchait la paix avec celle-ci, comme d'autres la cherchent, dans l'opposition au gouvernement civil, par le redressement des griefs et le rétablissement subséquent de l'obéissance *. » « Tout le travail de son esprit, ajoute le même critique, avait pour objet d'opérer une union extérieure entre les chrétiens; et pour cela, il n'hésita pas à recommander des sens équivoques, des explications commodes, et un silence respectueux. Il s'éprit d'abord de l'antiquité, parce qu'il trouva l'antiquité défavorable à la doctrine de Calvin. Son antipathie pour ce réformateur et ses disciples le conduisit à l'admiration de la succession épiscopale, de la hiérarchie organisée, du cérémonial et des institutions liturgiques, des hautes idées des rites sacramentaux, qu'il trouva dans l'ancienne Église, et que Luther et Zwingle avaient rejetés. Il se pénétra de l'idée de l'unité, comme essentielle à l'Église catholique; mais on ne voit pas qu'il ait jamais été jusqu'à faire abnégation de son propre jugement, ni à reconnaître aux décrets des hommes un caractère d'infaillibilité positive. L'esprit de ce ^and homme parait avoir été sous l'influence de deux idées dominantes : l'une était son extrême lespect pour l'antiquité et pour le consentement de l'Église catholique ; l'autre, ses principes érastiens en ce qui touche l'^^uto-
* Libr. citât. ^ t III, p. 47 et suiv.