XL ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
pace ecclesiasiicdf et la Rivetiani Apoloyeiioi Discussio^ indiquent dans Grotins une tendance uniforme et processive à défendre TÉglise de Rome, sur tout ce qui peut être considéré comme essentiel à sa croyance.
Grotius resta pendant plusieurs années dans cette espèce d'isolement, n'approuvant ni la réformation, ni l'Église de Rome. Il passa la plus grande ]^artie de ses dernières années à Paris, chargé. des fonctions d'ambassadeur de la cour de Suède. Il paraît avoir cru pouvoir tirer vanité de ce qu'il ne vivait pas en protestante Les ministres huguenots de Gharenton l'invitèrent à se mettre en rapport avec eux; ce qu'il refusa. Il méditait alors un plan d'union entre les protestants : les Églises d'Angleterre et de Suède devaient se réunir, et être suivies par celle de Danemarck^. Grotius s'imaginait que l'exercice du jugement individuel, pouvait être dominé, comprimé par une telle masse d'autorité, fondée sur l'ancienne Église. Mais il dût bientôt s'apercevoir, que l'indépendance même de la constitution originelle des Églises protestantes, rendait cette union impossible. Il vit (ju'il n'y avait de réunion possible qu'avec Rome, et que la première condition de cette réunion était la reconnaissance de sa supériorité. A partir de l'année 1640, on voit par ses lettres qu'il est plein d'espoir dans la réalisation de cette chimère. Il attendait toujours quelque concession de l'autre parti. Ce fut à cette époque qu'il ' publia ses fameuses annotations sur Gassander, et les autres traités auxquels ces annotations donnèrent lieu. Il y défend la transsubstantiation (Opéra theologica, t. IV, p. 619), l'autorité du pape (p. 642), le célibat des prêtres (p. 645), la communion sous
« Épist. 196.
3 Épist. 866» an 1637.