SUR GROTIDS ET SON TEMPS. LUI
et de politique furent examinées avec un esprit plus ou moins critique. Mais les précurseurs de Grotius considérèrent longtemps encore TÉcriture comme la source unique du droit, n'accordant à la raison que la simple faculté d'interpréter. Avant Orotius, les écrivains de la Réforme n'avaient point encore distingué avec précision, parmi les devoirs de l'homme, ceux dont l'accomplissement ne relève que de sa conscience, et ceux à Texécution desquels il peut et doit être extérieurement contraint. Les auteurs de cette époque antérieure au livre de la Guerre et de la Paix, concevaient, il est vrai, le droit naturel comme une science spéciale, mais ils rattachaient cette science aux dogmes et aux préceptes de la religion chrétienne. Ils faisaient découler le droit naturel de la nature humaine; mais comme cette nature a été pervertie par le péché originel,. et que la raison a été obscurcie et affaiblie, ils pensaient que le droit naturel a besoin de l'appui de la théologie, et que la raison doit être éclairée et fortifiée par la révélation *.
Une place importante appartient dans ce mouvement d Idées à la scolastique
Le livre de Suarez peut servir d'exemple typique de ce genilB de théologie, de métaphysique, de morale, de jurisprudence, qui remplit les in-folios des xvi* et xvii* siècles, surtout ceux qui appartiennent à l'Eglise de Rome, et auquel on peut donner en général le nom de méthode scolastique^. Deux caractères remarquables
* Ahrens, Libr. citj^p. 151
3 Soarez, suivant Hallam, « rbomme le plus éminent dans la science de la philosophie morale, que l'ordre de Loyola ait produit dans ce siècle » {Ltifr. citai., t III, p. 131), fut le précurseur de Grotius et de Pufrendorf. il naquit en 1548, et mourut en 1617. Il exploita In plus grande partie du terrain qui fut plus tard occupé par les deux publicistes que nous venons de cilef Son livre, intitulé : « Tractatus de Ugibut ac Deo legitlatore,