‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 42 sur 113 · LVIII ESSAI BIOGRAPIIIOFE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LVIII ESSAI BIOGRAPIIIOFE ET HISTORIQUE

qui constituent une œuvre. La forme du raisonnement y tenait trop de la méthode scolastique; Tordre y manquait le plus souvent. Le traité du Droit de la guerre, de Victoria, pouvait tout au plus servir de programme d'une science à naître; l'ouvrage de Gentili sur le même sujet, avec une distribution meilleure des matières, accordait trop à la partialité, et, s'écartant des voies majestueuses de la science, se perdait dans la discussion passionnée des faits contemporains. Il fallait, pour parler à l'avenir, s'isoler de la politique et des passions qu'elle soulève; n'envisager que la pure théorie du droit; interroger avec calme les sages de tous les siècles sur les droits de l'humanité; soumettre froidement cette enquête grandiose au mtérium Aid la conscience; apporter l'ordre dans le chaos, la lumière dans les ténèbres; réaliser pour le droit général la révolution que Galilée avait introduite dans les sciences cosmologiques, que Descartes. devait effectuer dans la philosophie. La question n'était pas d'écrire un livre, mais d'élever un monument; il ne suffisait pas d'avoir une âme honnête et des aspirations généreuses : il fallait avoir du génie. Lîi gloire d'être le fondateur de la science du droit de la nature et des gens, était réservée à Grotius.

Grotius, dit Adam Smith, fut «le premier qui essaya de donner au monde quelque chose comme un syî^tème de ces principes qui doivent faire la base et le fond des lois de tous les peuples; et son traité du Droit de la guerre et de li paix^ est peut-être encore aujourd'hui, malgré toutes ses imperfections, le livre le plus cx)mplet qui ait été écrit sur cette matière. »

Ce livre eut un retentissement immense en Europe. Il fut reçu avec vénération et enthousiasme. On l'enseigna

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