‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 50 sur 113 · A LOUIS XIII. LXXIX · texte numérisé non relu

A LOUIS XIII. LXXIX

VOUS qui êtes placé dans une situation à être assiégé de toutes parts par d'innombrables séductions ! Quelle grandeur n'y a-t-il point à atteindre au milieu des affaires^ dans la foule^ à la Cour^ , au milieu de tant d'exemples si divers d'hommes qui commettent des fautes^ cette perfection que la solitude accorde à peincy et souvent n'accorde point aux autres ? Mériter dès cette vie nonseulement le nom de Juste, mais aussi celui de Saint, que le cojisentement des ^n^nnes pieuses a décerné à Charleinagne et à Louis, vos ancêtres^ après leur mort, c'est être Très- Chrétien, non-seulement par un titre attaché à sa race, mais par un droit qui vous appartient en propre. Aucune des faces de la Justice ne vous est étrangère ; cependant, celle que concerne le sujet de ce livre, c'est-à-dire celle qui se rapporte aux choses de la guerre et de la paix, vous est particulièrement propre, en tant que vous êtes Roi, et Roi des Francs. 11 est grand, ce royaume qui est à vous et qui s'étend, de l'une à l'autre mer, à travers de si vastes espaces de contrées prospères ; mais vous avez un Empire plus grand que ce royaume : c'est que vous ne convoitez pas les royaumes d'autrui! 11 est digne de votre piété, il est digne de votre haute fortune, de n'attenter par les armes au droit de personne; de ne point troubler d'anciennes frontières; mais^ au sein de la guerre, de faire les aflaires de la paix, et de ne commencer les hostilités qu'avec le désir de les terminer au plus tôt. Combien il sera beau,< combien glorieux, combien il sera doux à votre conscience elle-même, de pouvoir dire avec confiance, lorsqu'un jour Dieu vous appellera dans son royaume, le seul qui soit supérieur au vôtre : « Cette épée que j'ai reçue de vous pour la défense de la Justice, je vous la rends intacte de tout sang témérairement répandu, pure et innocente ! » 11 arrivera ainsi que les règles puisées maintenant par nous dans les livres, ressortiront dans l'avenir de vos actions, comme du modèle le plus parfait. Ce sera la plus grande des œuvres; et cependant les peuples chrétiens osent exiger de vous plus encore. Us attendent que faisant tomber de toutes parts les armes, la paix revienne par votre initiative non-seulement parmi les Empires, mais pour les

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