‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 4)Chapitre 60 sur 113 · LIVRE I, CIlAriTKE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CIlAriTKE I

2. La loi hébraïque nous fait voir d'abord que ce qui s'y trouve prescrit n'est pas contraire au droit naturel. Car le droit de nature, comme nous Tavons dit auparavant, étant perpétuel et immuable, il n'est pas possible que Dieu, qui n'est jamais injuste, ait pu commander quelque chose de contraire à ce droit. Ajoutez à cela que la loi de Moïse est appelée sans tache et droite (Psalm. XIX ; Vulg., xviii, 8), et (jue l'apôtre Paul la qualifie de sainte, juste, bonne (Rom. vu, 12).

Je parle des choses qu'elle ordonne, car pour celles qu'elle permet il faut y apporter plus de distinction. La permission qu'accorde la loi, — il ne s'agit pas ici de c^lle qui est purement de fait, et qui emporte seule une exemption d'obstacle — est, en effet, ou pleine, lorsqu'elle confère le droit de faire quelque chose avec une entière liberté; ou moins pleine, quand elle accorde simplement l'impunité devant les hommes, et la faculté d'agir sans qu'il soit permis à personne d'y mettre empêchement. Il résulte de la première espèce (ie permission non moins que des dispositions impératives, (juc ce sur quoi la loi se prononce n'est pas contraire au droit

où Ton croyait qu'elle avait été dictée à ce législateur par Dieu luimême sur le mont Sinaï. Mais la critique moderne, développée par l'esprit de libre examen qui fera du xix* siècle lune des époques les plus (riorieuses dans rhistoire de la pensée humaine, a relégué cette croyance au nombre des erreurs acceptées par la superstition. Moïse n'est plus pour nous (|u'un esprit sublime, orné de toutes les connaissances de la vieille Egypte, lisant admirablement dans le livre de la nature, et profondément versé dans la sriencc du gouvernement. Politique consommé, son œuvre est celle d'un homme de génie, et rien de plus. Sa législation est celle d'une épO(|ue reculée au fond des âges ; le petit peuple auquel elle s'adressait était le plus brutal, le plus féroce, le plus ini<pie de tous les peuples du monde ancien. Le droit des gens dont les règles reposent sur le respect de l'individualité des nations, n'a <iue faire de cette législation mosaïque, dont les principes ne répondent plus aux aspirations du monde nouveau. Il n'est plus possible, depuis Voltaire, de citer avec autorité les textes de la loi des Hébreux. P P. F.

naturel. Il en est autrement en ce qui concerne la permission de la seconde espèce (*). Mais il arrive rarement qu'on ait lieu de tirer cette conséquence, car les termes qui expriment la permission étant équivoques, il est plus à propos d'avoir recours aux principes du droit naturel pour découmr de quelle sorte de permission il s'agit, que de raisonner de la ({ualité de la permission aux principes du droit de nature.

3. Une autre observation qui se rapproche de la première, c'est qu'il est permis maintenant à ceux qui possèdent le souverain pouvoir parmi les chrétiens, de promulguer des lois de même teneur que celles données par Moïse; à l'exception des lois dont la matière se raj)porterait aux temps pendant lesquels le Christ était attendu et l'Évangile n'était pas encore révélé, ou de celles sur lesquelles Jésus-Christ lui-même aurait ordonné le contraire, soit en général, soit eu particulier. En dehors de ces trois cas on ne peut imaginer d'autre cause pour laquelle il ne serait plus permis maintenant de prescrire ce qu'autrefois la loi de Moïse a établi.

4. Une troisième remarque est que toutes les dispositions de la loi de Moïse relatives aux vertus que le Christ exige de ses disciples, sont aussi maintenant applicables aux chrétiens, s'ils ne doivent même pas être soumis à quelque chose de plus (**). Cette obser>ati(m repose sur ce que les vertus exigées des chrétiens, telles que l'humilité, la patience, la charité, leur sont imposées dans un plus haut degré qu'elles ne l'étaient par la loi hébraïque (***); et cela, avec raison, puisque

(*) Voir Chrysostômc, sur la fin du chapitre vu de 1 epître aux Romains. Grotu's.

(**) La liberté chrétienne, dit Tcrtullien [de pudicU.) n'a donné aucune atteinte à Tinnocence. La loi' de la piété, de la sainteté, de rhumanilé, de la vérité, de la fldélité, de la chasteté, de la justice, de la commisération, de la bienveillance, de la pudeur, demeure entière. Grotius.

(*'*, 11 faut, dit Chrysostdme (De VirginiL, XClYj, montrer mainte-

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