‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 18 sur 143 · III · texte numérisé non relu

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11'i LE DROIT DE LA C.UERRE ET DE LV PAIX.

tenu ailleurs pour sacré » (Lib. XXVI) ; ailleurs^ c'est-àdire chez les peuples les plus civilisés. Diodore de Sicile dit des soldats d'Agathocle, que « leur fureur criminelle n'épargnait pas même les femmes (*). » Après avoir raconté que la pudeur des femmes et des jeunes filles de Pellène avait été souillée par les Sicyoniens vainqueurs, Élien s'écrie : « Actes cruels, par les dieux de la Grèce^ et qui^ autant que je puis m'en souvenir^ n'ont jamais été approuvés, pas même par les barbares eicx-mêmes ! » (Lab. VI, Var. Hi-st.)

2. Il est convenable que cela soit observé parmi les Chrétiens (**), non-seulement comme une partie delà discipline militaire, mais aussi comme une partie du droit des gens ; c'est-à-dire que celui qui a porté violemment atteinte à la pudeur, quoique dans la guerre, soit partout punissable. Car, en vertu de la loi hébraïque, personne ne s'en serait tiré avec impunité, comme cela peut s'entendre de ce passage qui ordonne d'épouser la captive (***), et défend de ne plus la vendre ensuite (Deutér., XXI, 10). Le docteur hébreu Bêchai dit à propos de ce passage : (( Dieu a voulu que le camp des Israélites fût saint, et non livré aux impuretés et autres abominations, comme le camp des Gentils. » Après avoir raconté qu'Alexandre s'était épris d'amour pour Roxane, Arrien ajoute avec éloges « qu'il n'avait pas

{*) Appien parlant, dans sa Guerre de Mithridate, des habiUDU de Chios faits prisonniers, dit que « la pudeur des femmes et des enfants avait été violée par ceux qui les conduisaient, et qui s'étaient comportés à leur égard à la manière des barbares. » Grotius.

(**) Bélisaire observa partout cette maxime; etXotila aussi, après la prise de Cumes et de Rome. Procope le rapporte, GoUhic, lib. UI. G.

(***) Philon Texplique éloquemment dans son livre sur VBumanité. JosÈPHE drt (lib. 11, Contr. Appion.) que la Lot (a) a eu soin de mettre en sûreté Thonneur des prisonniers de guerre, surtout des femmes.

Grotius.

(a) I^ Lot i\(? Hoisv. (B.)

voulu abuser d'elle en qualité de captive, pour satisikire sa passion, mais qu'il l'avait jugée digne d'être épousée.» Plutarque dit, au sujet du même fait : «Il n'abusa pas d'elle par passion, mais il la prit pour épouse, comme il convenait à un philosophe. » Plutarque a noté qu'un certain Torquatus avait été déporté en Corse (*) par un décret des Romains, pour avoir déshonoré une jeune fille ennemie {J^arall^.

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