‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 39 sur 143 · I.IVHE III, (JIAPTTHE \l · texte numérisé non relu

I.IVHE III, (JIAPTTHE \l

desucriâces. n Oicéron dit à peu près Iti même cliose ibiii sa YcTTÎne sur les supplices.

3, En ce qui concerne les généraux, il y en a par-

Iffllldes exemples; il y en a quelques-uns relativement

lui rois, comme celui d'Aristouique ('), de Jugurtlja,

L d'Artabasde; mais cependant, outre Persée, Syphax ("),

I G«Dlius, Juba, et du temps des Césars, Caraclacus, ainsi

e d'aulres, échappèrent au supplice : ce qtri l'ait voir

e les causes de la guerre et la manière de la faire

t prises en considération par les Romains ; quoi-

|ue Gcéron, aussi bien que d'autres, reconnaissent

n'ils passaient les bornes dti l'équité, dans la victoire.

fAtusi M. >Emilius-Paulus, dans Diodore de Sicile, re-

sente-t-il non sans raison aux sénateurs romains,

s l'affaire de Persée, que a s'ils ne craignaient rien

t hommes, ils devaient du moins craindre la ven-

fflce divine, prête à fondre sur ceux qui usent inso-

ment de la victoire « [Excerpt.]. El Plutaniue re-

■que ("■) que dans les guerres des Grecs entre eux, les

laemîs même s'abstenaient de porter les mains sur

B rois lacédémoniens, par respect pour leur dignité.

( 4- L'ennemi donc qui voudra considérer non ce que

B lois humaines permettent, mais ce qui est de son de-

, ce qui est juste et honnête, épargnera même le

l eonemi, et ne donnera la mort à personne, si ce

l pour se préserver de la mort ou de quelque chose

p wmblablc à la mort, ou pour des crimes personnels

rivés jusqu'à la mesure delà peine de mort. Il fera

me grflce ou de toute peine, ou de la peine de mort

I (1 Vojct Apiiien, Bell. Milhrid [in jint). G.

l,(**]Les libloricDs varient sur ce |ioitit. Pluiieurs rapporteol iju'il de Riime avant le jour ilu Inomphe ; PoIjIië dit qu'il Tut jmpbc; Appien racunie h"'" mnurul de ntaladii: pendiint gMi 4ilibér3il sar ce qu'où feraii île lui. liHiiTii^s.

,"*■) Fieil'Agii. i;.

à{[uelqLies-uns de ceux qui l'auraient mértl un motif d'humanité, soit pour d'autres raisons plausibles. Le inSme Diodorc de Sicile, dont j'ai parlé, dit excellemment que a la prise des villes, le gain des batailles, et ces autres avantages que l'on peut remporter dans la guerre, sont dus souvent à la Fortune plutôt qu'b la valeur. Mais qu'au sein du souverain pouvoir, faire grâce à des ennemis vaincus, c'est l'reuvre de la sagesse seule n (Lib. XVII). Nous lisons dans Quinle-Gurce, que 0 bien qu'Alexandre pût s'irriter contre les auteurs de la guerre, cependant il accorda le pardon à tous. »

VIII. — Pour ce qui regarde la mort de ceux qui son! tués par accident non prémédité, il faut retenir ce que nous avons dit plus haut, qu'il est, sinon de la justice, du moins de la charité, de ne rien entreprendre qui puisse menacer des innocents, à moins que ce ne soit pour den raisons de grande importance, et qui tendent au salut d'un grand nombre de gens. Polybe est de miîmo sentiment que nous, quand il parle ainsi, au livre V : a 11 appartient aux gens de bien de ne pas fairo, tn^me contre ceux qui sont moins vertueux, une guerre de destruction, mais de ne combattre que pour réparer et redresser des torts; de ne point envelopper dans un même cliAliment innocents et coupables, mais d'épargner les coupables m^me, en considération des innocents. D

IX. — I. Ces choses étant connues, la déterinina- Uon de celles qui sont plus particulières ne sera pas d tlcile. « Que l'âge excuse l'enfant, 1& sexe la fema

n VuTK dll (ffiii. Wu(., lib. vin. ap. kti) : « Le lion, lor

CD furear, se j«iu lur Ici hottinifs |iluti)i que sur lei rrmnift, et il at iV- {■Dce lur les enUriU cpie lorsi;u'iine gninile Tuim le presse . A propM il« us vm d'Horuce (lih. IV, Od. vi], relslif i Achille : ■ It rtll brUU dt Ui flammei des tirées et Us tnfanti nt taehatu nuore ■porter, i mime cncMr dnnt It tria mai'rni-l.. ; n oii t,iA ubscrvcr que <

LITRE lit, CHAPITRE XI. '^55

dit Sénèque, dans les livres où il se met en colère contrit llcolère (Lib. 111, cap. .xxir]. Dieu lui-mônie, dans les guerres des Hébreux, veut que, même après la paix ol- (hIu et repoussée, ou épargne les l'enimes et les enfants, bormiii un petit nombre de nations, exceptées par un Spécial, et contre lesquelles la guerre n'était point une guerre des hommes, mais la guerre de Dieu, et

i'ilï*ewntre la Krociié d'Achille qui, si Apollon l'eût ]mit vivre, était it cruel, qu'il a'elil pis Dritne épargné les curants dans le «ejo de kar aire. ■ Philon dit {De prine. coiutit.) que <■ l'on renvoie lei, Tillea el ImJamM. > Il en doDoepour raison • qu'il est inhumain delrailerles MDune tes complicea des homnies, qui eeuls font la guerre. ■ lanbiM ait {De tpeeial. legib , lib. Il) qu'entre personne» d'âge raîgori' II, on p«ut Iroover mille raisons spécieuBea pour jDBiiQer les querelles 'Mlttinlmitiée; mai» qu'à l'égard des enfanta qui viennentà peine de n i la lumière el d'entrer dans la vie humaine, la ratomnie œ^me ne Mit rien ioveoier qui rende coupaulea. avec la moindre apparence, ces Untt innoeenlee. > Partant de Manahem (inliq. Bisi., lib. Il), !|Ae dit ■ qu'il alleignit le plus haut degré de la eniaulé, ou plutât de blineilé, eu n'épargnant pas même les enranls. Des scies qui n'auraient fn Are pardonnes, même s'ils avaient été commis contre des étrangers nu, il les commit contre les membres de sa nation, n Le même p6e raconte qiie Judaa Macchabée ayant prl^i les vîHei de Bosra et fEptnm, passa au 1)1 de t'épée tous les mAles et loui ceux qui étaient en '^l lie combattre, n Et ailleurs il appelle une vengeance inJuimainr, le dlnaeol qu'Alexandre, surnommé le Thrace, infligea aux enfants et aux ■mn. Agjlthias dit (lib. 111) : ■ Comme il n'était pas équitalile de sévir dt s'abandonner i la Tolie de la colère contre des enfants nouvellement ■, hnuMCnts des faulea de leurs pures, leur crime ne resta pas Im- ■i.... * Nïcétaa, ou celui qui a continué son histoire jusqu'au règne du i Henri, dit des Scythes qui avaient pris la ville d'Aljre : ■ Ils n'érglènnl pas même les enfants à la mamelle: ces Jeunes plantes furent liMOBitSea en herbe ou dans leur première fleur, par le crime d'iium- I qoe U piUé n'avait pu loucher, et qui ne savaient pas que c'est ter cvnirti la nature el violer le droit commun des hommes, que lendre la colère au deli de la vicloire el de la soumisuon de son Mttl. ■ Ajoulet ce que dit Bédé, lib. Il, cap xx sur la cruauté de léfOUe. Vojei aussi dans Simier une bonne loi des [Ielvétiens,el dans nbdm, au- l'an 15%, les ordrvs liieuvei Hauts de la reine Elisabeth.

était appelée ainsi (Deutér., \x, 14). Et lorsqu'il voulut qu'on tuât les femmes madianites pour un crime qui leur était personnel, il en excepta les filles encore vierges (Nombres, xxxi, 18). Bien plus, lorsqu'il menaça avec une extrême sévérité les Ninivites de les détruire pour leurs crimes énormes, il se laissa fléchir par la compassion, en faveur de tant de milliers d'êtres, d'un âge qui ignorait la différence de ce qui est honnête et de ce qui ne l'est pas (Jonas, iv, 2). A cela ressemble ceite pensée dans Sénèque : a Peut-on se mettre en colère contre des enfants, dont l'âge n'a point encore connu les différences des choses» (De ird^ lib. II, cap. Lx)?Et dans Lucain : « Par quel crime les enfants ont-ils pu mériter la mort? » Si Dieu a fait et ordonné ces choses, lui qui peut tuer sans injustice, quoique sans aucune cause, n'importe quels hommes, de quelque sexe ou de quelque âge qu'ils soient, comme étant l'auteur et le maître de la vie; qu'est-il juste que fassent les hommes, à qui il n'a accordé sur les hommes aucun droit qui ne fût nécessaire pour le salut des hommes et la conservation de la société * ?

2. Voici d'abord, en ce qui concerne les enfants, le jugement des peuples et des temps où la justice a été le plus en vigueur (Victoria, De jure M/i, n. 36). a Nous avons des armes, dit Camille, dans Tite-Live, non contre cet âge qu'on épargne niême après la prise des villes, mais contre les hommes armés. » Il ajoute que c'est là une des lois de la guerre, c'est-à-dire des lois naturelles. Plutarque, traitant de la même chose, dit que « parmi les gens de bien, il s'observe même ([uelques lois dans la guerre» (Kie de Camille). Remarquez dans ce passage

* Cette répétition du mot hommes heurte les exigences légitioies da goût; je suis le premier à le constater et à le regretter; mais elle le trouve dans le texte, et l'exactitude scrupuleuse que je me suis imiMMée m'u mis dans la nécessité de la reproduire. P. P. F.

le mot « parmi les gens de bien^ » afin d'établir la distinciion entre ce droit, et celui qui consiste dans l'usage et dans l'impunité. C'est ainsi que Florus nie que l'on ait pu agir autrement sans blesser la probité (Lib. I). Dans Tite-Live, il y a dans un autre endroit : a Les ennemis irrités s'abstiennent même de sévir contre cet âge» (Lab. XXIV). Et ailleurs : a La colère cruelle en est venue jusqu'au massacre des enfants. » '3. Ce qui, a lieu toujours pour les enfants qui n'ont point encore acquis l'usage de la raison, a lieu le plus souvent pour les femmes, c'est-à-dire à moins qu'elles n'aient commis quelque chose de particulier qui mérite une punition, ou bien qu'elles ne vaquent elles-mêmes à des services virils. C'est, en effet, comme parle Stace, « un sexe qui est étranger et inhabile aux armes. » A Néron qui, dans une tragédie, appelle Octavie son « en- ' nemie^ > le préfet répond : ce Estrce qu'une femme prend ce nom » [Octav.) (*)? Alexandre dit, dans Quinte- Curce : a Je n'ai pas l'habitude de faire la guerre contre des prisonniers et des femmes ; il faut qlie celui que je hais soit armé » (Lib. lY). Grypus dit, dans Justin, a que dans tant de guerres étrangères ou domestiques, aucunde ses ancêtres n^avait, après la victoire, sévi contre les femmes, que leur sexe devait soustraire et aux périls des combats, et à la cruauté des vainqueurs » (Lib. XXXIX). Un autre dit, dans Tacite, «qu'il ne faisait pas la guerre contre des femmes, mais ouvertement contre des hommes armés. »

4. Valère Maxime appelle féroce et intolérable à entendre, la cruauté de Munatius Flaccus contre les enfants et les femmes (Lib. IX, cap. ii). Il est raconté dans

(*) CeU pour cette raison que Tucca et Varus ont voulu qu'on eiTaçât do second lifre de V Enéide, les vers ou Enée délibère s* il tuera Hélène.

Page 1