LIVRE 11, CHAPITRE Vil
C'est dans ce sens que je prends cette parole de Lucien : « La nature lait un commandement plus strict aux père et mère d'aimer leurs enfants, qu'aux enfants d'aimer leurs père et mère; » et ce passade d'Aristote [Elle, lib. VIII) : « La cause qui engendre est plus sensible pour ce qu'elle a engendré, que ce qui a été engendré pour la cause qui engendre; car une chose devient comme propre à la cause dont elle tire son origine.
2. 11 résulte de là que, même sans le secours de la loi civile, la succession aux biens doit être déférée en première ligne aux enfants; parce que les père et mère sont censés avoir voulu veiller à ce que leurs enfants, comme faisant partie de leur corps, fussent pourvus de la manière la plus abondante possible, non -seulement des choses nécessaires, mais encore de celles qui font passer la vie agréablement et honorablement; à partir du moment surtout où ils ne pourraient plus jouir eux-mêmes de leur propre fortune. « La raison naturelle, dit le jurisconsulte Paul, comme si c'était une sorte de loi tacite, attribue aux enfants l'hérédité de leurs père et mère, et les appelle à cette succession comme à une chose qui leur est due» (L. « Cum ratio..., » Dig., De bonis damnatorum) '. Quant à Papinien, « l'hérédité des enfants, ditil, n'est point due aux père et mère, comme celle des père et mère l'est aux enfants (*). C'est une raison de
cùté, on doit l'honneur et l'obéissance a ses père et mère, et non pas à ses enfants; de l'autre, on doit la nourriture et l'éducation à ses enfants, plutôt qu'à ses père et mère. » P. P. F.
• Digesl., lib.XLVIH, tit. XX, I. 7. P. P. F.
(*) » Comme c'est la loi de la nature, dit Pliilon, que les fils succèdent à leur père et mère, et non les père et mère à leurs enfants, Moïse a passé sous silence ce dernier cas, comme étant de mauvais augure, et contraire aux vœux d'un père et d'une mère [Devild Mosis). Xénophon dit au livre II des Entretiens deSocrate, que « l'époux prépare, pour les enfants qu'il aura plus tard, tout ce qu'il pense devoir être utile à la vie, et cela le plus abondamment qu'il peut. » Grotius. • II. 2
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culine étant ; féminine, à moins que 1rs biens ne pro-
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