LIVRE 11, CHAPITRE XIII
4, Car Dieu, en réalité, no change pas ses décrets. On dit cependant qu'il les change, et qu'il est conduit parle repentir (Jonas, iv, 2) (*), toutes les lois qu'il agit autrement que les paroles semblaient le signifier; mais c'est assurément à cause d'une condition sous-entenduc (**) qui vient à manquer (Jérém. xviii, 8). On en voit des exemples dans la Genèse, xx, 3; l'Exode, xxxn, 14; le 1er livre des Rois, xxi, 29; le second livre des Hois, xx, 1 ;• Ésaïe, xxxviii, 1 ; Jouas, m, 5, 10. Dans ce sens on peut dire aussi improprement que Dieu nous trompe. Et le mot ^EuôsoOat, qui ligure dans le passage cité de l'épître aux Hébreux, a d'habitude la signification d'un événement frustrant une espérance, comme on peut le voir tant ailleurs, que dans le Lévitiquc, vi, 2; Josué, xxiv, 27 ; Ésaïe, lviii, 11 ; Osée, ix, 2 ; llabacuc, m, 17 (***). Gela a lieu d'autre part très-facilement dans les menaces, parce qu'elles ne contèrent de droit à personne; quelquefois dans les promesses, lorsqu'il y a quelque condition tacite de sous-entendue.
5. C'est pourquoi l'apôtre désigne deux choses qui marquent l'immutabilité : la promesse, parce qu'elle donne le droit ; le serment, parce qu'il repousse les conditions tacites et en quelque sorte latentes ; comme on peut le voir dans le psaume lxxxix, 30, 31, 32, 33, 3i, 35, 36. Il en est autrement si la nature même de l'affaire indique ouvertement certaines conditions. C'est à quoi quelques-uns rapportent ce qu'on lit dans les Nombres, xiv, 30. Mais il est plus vrai de dire que la terre
(*) Ajoutez Job, xl, 28 ; Osée, ix, 2. G. .
(**) Le Concile de Tolède (VIII, cap. n) décide que, « quand Dieu jure, cela veut dire qu'il ne détruit point ce qu'il a lui-même établi; et que, quand il se repent, il change à son gré ce qu'il avait établi. » Gralien a rapporté cela, Caus. XXII, <{u,rst. iv. Expliquez-le comme dans notre texte. (inoTius.
(*•') Voyez StNKQi'E, Quœst, Xalural, lib. II, cap. xxxvn. G. II. 13
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paui du peuple israélite firent aux Uabaoïiiles [la avaient, il esl \ rai, été trompés par I qui avaient feint de venir d'une contrée éloignée . M il ut- s'ensuivait pas que Josué et les prit i «lu
peuple, s'ils avaient su qu'ils étaient au nombre des ; pies voisins, ne l< ■ qu'ils
avaient dit aui Gabaonites : i Peut-être habit milieu de nous; comment trait Gela peut avoir ce sens, que 1< in-
terroge - sur la nature du traité qu'ils désiraient : traite-
(*, Comme Hippoljle, dont nous avons parti- tout à riicurc. Sur ces vers de Sophocle dam Œdipe à Culone : « Une tromperie qui vieni s'ajouter à une autre tromperie, est ordituiircmcnl payée non par des faveur*, mais par d'atroces calaviitis,* le S Ue me ainsi :
« Les Tliéliains prétendent n'avoir donné retraite et ne lui avoir
promis de le protéger, que parce qu'ils a\aicnt été trompés, el qu'il* n'avaient pas été taparatanl informel qu'il était sous le coup d'un crime domestique, n Tel est aus>. . « Ma langue a juré, mais d'intention
je n'ai iieu juré, car c'était llippolytc trompé qui avait juré. •
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