‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 126 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XIII

dans les paroles du Christ le démontre évidemment : « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras pas, niais lu t'acquitteras envers le Seigneur * du serment que tu lui auras fait. Et moi je vous dis: Ne jurez en aucune sorte. » Et aussi la raison * qu'ajoute Jacques : « De peur que vous ne tombiez en hypocrisie, » c'est-à-dire « de peur que vous ne soyez trouvés trompeurs ; » car le mot d'hypocrisie a ce sens clicz les llcliénistes, comme cela apparaît dans Joii, xxxiv, 30; Matthieu, xxiv-, 51, et ailleurs.

2. Les paroles suivantes du Christ prouvent la même chose : « Que votre discours soit oui, oui, non, non; » ce que Jacques explique ainsi: «Que votre oui soit oui, et que votre non soit non. » 11 y a manifestement là une figure (pic les rliôtoricicns appellent « kXox^V) » comme dans ce vers : « Depuis ce temps Corydon est Corydon pour nous, » et dans cet autre exemple semblable : « Jusqu'à ce jour Mcmmius était Mcmmius. » Car le premier oui et le premier non signifient la promesse; le second, l'accomplissement. Oui est, en elfet, le. terme de celui qui promet. D'où il est expliqué par le mot « Amen » dans l'Apocalypse I, 7; et il a le même sens dans le syriaque et les mots correspondants dans la langue des rabbins, et dans l'arabe; comme chez les jurisconsultes romains les mots « très-bien » et « pourquoi non? » Ces mots indiquent le fait de celui qui répond à une stipulation 2.

' « La raison que saint Jacques ajoute mène là aussi, » dit Barbcyrac.

2 La stipulation romaine, ou contrat revêtu de la forme d'une interrogation et d'une réponse, supposait un échange de paroles entre les parties contractantes. Ces parties, dans l'origine, n'étaient pas libres d'employer les paroles que bon leur semblait; elles n'avaient le choix qu'entre un certain nombre de paroles consacrées : Spondcs? Spondco; Promitlis? Promilto, ' etc. Ulpien suppose qu'un homme, interrogé ainsi : Dabis? ;\ répondu : Quid ni ? VA il décide que le contrat est formé. Mais le mot employé dans la réponse n'étant pas le même qui avait été

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». Le Christ «lit donc la môme chose que PImIqu « Le meilleur, !<• plus Mhlr et le plus couforme a la nature raisonnable, c'est de s'abstenir de jun habituer tellement à la véracité, que i reçues pour des serments. ■ Et ailleurs >*" : a qui

employé dans l'ioterrogation, probablement de» <loutes i\ Ictc*

snrla validité de la slipulaUoa. D'afirèa une constitution «le l>m|*reur i - partim devinrent sbsolasaeot libres dmnpteje? toutes

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CI \i : Cours clcmcntairc de droit . t. II. ; suit.

1 Le mol ynucum M ffaucus e\|n une une chose sans aucune valeur, il m s'emploie généralement qa'aveed'aolres m ' ■ ma habrre, ne fm% rairo le moindre casde ...u raianasesil.Càeéroo le cite comme

ayant été employé par Bnnina; on le trouve naai dans Piaule. P. i

(*) Dans ce I Uui vous ferez bu o : « eoxL »

comme cela se titrant iftOTTial SMM Homère; M mol, eneiïet. se ra|>;>rodie davantage 4a mal ■Aîanci.a rus,

(••) De Demi G

(**') Des loi.

LITRE n, CHAPITRE Mil. 215

rolc d'un homme de bien soil prise pour un serment solide, immuable, ne sachant tromper; » et ce que Josèphe dit des Essénicns : « Tout ce qu'ils disent a plus de force qu'un serinent, et jurer leur paraît être une chose superflue. »

5. Pythagorc ■*), dont voici la maxime, semble avoir pris cela des Esséniens, ou de ceux des Hébreux que les Esséniens ont suivis : « On ne doit pas jurer par les dieux ; car chacun doit donner ses soins à ce qu'on le croie, même sans serment (**). » Les Scythes, au rapport de Quinte - Gurce, 'disaient d'eux - mêmes à Alexandre : « Ne croyez pas que les Scythes consacrent leur amitié par un serment. C'est en respectant leur parole qu'ils jurent. » Cicéron dit dans son discours pour le comédien Roscius : « La même peine qui a été établie par les dieux immortels pour le parjure, l'a été

(*) Car Hcrmippc, philosophe pythagoricien, disait que Pythagorc avait appris sa philosophie des Hébreux, comme le rapporte Origcnc (Conlr. Cels). Josèphc l'a enseigné aux Hébreux, et le pythagoricien Jambliquc l'a dit aussi (a). Grotius.

(**) Suivant Philon, «celui dont on exige un serment ost déjà suspect de perfidie, m Dans l'OEdipc à Colonc de Sophocle, OEdipc avait dit : « Je ne veux pas le lier par un serment, comme un trompeur. » Thésée lui répond : « Tu n'aurais pas, en ciïet, de garantie plus sûre que ma parole {b). » Marc-Antonin, dans sa description de l'homme de bienr dit « qu'il n'a pas besoin deserment. » Chrysostômc {De staluis, XV) dit: « Si tu crois véridique celui avec qui tu as affaire, ne lui impose pas la nécessité du serment; que si tu le sais dispose à mentir, ne le force pas à se parjurer. » Grotius.

(a) Grotitis cite Janiblique, mais sa mémoire l'a trompe; et il a confondu cet Buteur, qui ne dit rien de ce qu'il lui attribue, avec un autre philosophe de la même secte, Porphyue, qui fait voyager Pythagorc chez les Juifs, aussi bien que chez les égyptiens, les Arabes elles Chaldéens; au lieu que Janiblique no parle que de son voyage en ÊgyplC et en Syrie. (Dauiif-YUAC.)

(6) Thucydide (liv III, chap. lxxxiii) a également opposé la parole au serment. Philoctétc, dans la tragédie de Sophocle (». 811), dit aussi a Ncoptolèmc: « Je ne veux pas, n»"" 'Us, te lier par un serment. » Voir la traduction des tragédies de Sophocle, par Arlaud, édit. 1864, p. 231, en note. P. P. V.

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oyes d'une probité telle, qu'on i'j fie plus qu'à un

m ni. i Clément d'Alexandi dit aussi qu'il est • l'un homme de bien, ■ de montn r la bonne loi <lcsa promené par la stabilité «t rumhn uni.- .!,■ el de n vie. i pour un

un ni, i dit Àlesis le < ioiuiqui on rat onte d

sou discours pour L Cornélius Dalbus, «ju'.i Athènes un individu qui avail vécu d'une inan .

ayant portai publiquemenl témoif vers l'autel pour jurer, d'une seule roii loua le* jugea s'étaient écriés qu'il ne devait pas jurer, ne voulant pu qu'on crût que la foi était i par le rrsp i

noses saintes, plutôt que par la véi 6. La pensée suivante de Uiéroclès, sui • rfaréa, ne diffère paa de la parole du Christ : - Celui «pu avait dit dans le commencement : i Respectes l i al, » avait par cela même prescrit de s'abstenir de jurer i de choses qui peuvent arriver et non arriver *), etqui ont une issue incertaine, Car de leilea chosea doivi être considérées comme de peu d*imp sujettes à changer; aussi n'est-il ni digne, ni sûr de jurer sur elles. ■ Et Libanais place dans les loua l'un

empereur : « Il est tellement éloigné du parjure, qu'il

(*) Cbrysostomc remarque trri Jjiaai cela (De staluu KJJ i y laod même il ne l'armerait pas do jurer par entraînement, par nécessité, ou sans y penser, la nalurc moine de l'afT.iire le réduirait souvent à jurer faux, le voulant elle sachant. » Kl l.i.-n: ,»nc périlleux

de jurer même sur se t propre fait; car la nature in choses nous arrache COQp de déterminations, qaj dépendent fa événements. • Grotil3

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