‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 150 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XV

plus grand apparaît, ou du moins il en résulte plus do difficulté pour la pratique de la vraie religion. Ajoutez que ces liens sont de plus longue durée; et que dans le mariage le choix, est plus libre, tandis que les alliances dépendent de l'occasion des temps et des lieux. Or, de même que ce n'est point un mal de faire du bien aux profanes, de môme ce n'en est pas un d'implorer leur assistance, comme Paul a invoqué le secours de César et du tribun (Sylyest., in v° DcUum, P. i, n° 9, concl. 3; PaiNoumit., in Can. Quod super..., Dcvolo).

XI. — 1 . Ce n'est donc pas là une chose qui soit intrinsèquement ou généralement mauvaise1; mais ou doit en juger d'après les circonstances (*). Car il faut prendre garde qu'un trop grand mélange n'apporte la contagion à ceux qui sont faibles : pour cela il sera utile que les demeures soient séparées ; comme firent les Israélites, qui habitèrent séparément des Égyptiens. Ces vers d'Anaxandride'2 ne sont pas, en effet, dépourvus de raison : « Je ne puis être votre compagnon d'armes, parce que ni nos lois ni nos mœurs ne sont d'ac-

nc s'ensuit pas qu'il suit défendu de faire avec eux des traités et des alliances, » dit Barbcyrac dans sa paraphrase. P. I*. F.

1 I5arbcyrac donne au texte de Grotius le développement suivant : « Ce n'est donc pas une chose mauvaise en elle-même, ou toujours illicite, de faire quelque traite ou quelque alliance avec des puissances éloignées do la vraie religion; mais il faut en juger par les circonstances... »

(*) Voyez le discours de Pharlazc aux Lazicns, dans Agathias, lib. III. Le grammairien Saxon (lib. IX) fait dire à Ilarold par Louis (a), roi des Francs : « Aucune harmonie des esprits ne peut s'établir entre ceux qui ont embrassé des religions différentes; aussi faut-il que celui qui demande du secours vous soit d'abord uni par la même religion J et ceux que la formule d'un culte divin diviserait, ne pourraient guères faire ensemble de grandes œuvres. » Gnonus.

2 Ancien poète comique. (13.).

(a) Louis le Dcboiinuirc. (B).

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