LIVRE II, CIIAriTRE VII
rendre les égaux des enfants légitimes : l'oblation à la curie ', ou le mariage subséquent. Il y a un exemple de l'ancienne adoption des enfants naturels dans les fils de Jacob, qui2 furent traités par leur père sur le même pied que les enfants qu'il avait eus de ses femmes de condition libre, et partagèrent par égales portions son hérédité.
3. 11 peut arriver, au contraire* non-seulement en vertu de la loi, mais encore par l'effet d'une convention, que ceux qui sont nés d'un mariage légitime n'aient droit qu'à des aliments (*), ou du moins qu'ils soient exclus de la majeure partie delà succession. Les Hébreux appellent concubinage un mariage contracté sous une telle condition, même avec une femme libre : tel était le mariage d'Abraham avec Géthura, dont les enfants, de même qu'lsmaël, fils de l'esclave Agar, reçurent des dons, c'est-à-dire certains legs, mais ne recueillirent pas l'héritage (Genès. cap. xxv, vers. G). Tel est le mariage dit morganatique3, dont ne s'éloignent pas
• Ce mode de légitimation a été établi et organisé, en 44?, par une constitution des empereurs Théodose et Valcntinien (Code, lit». V, tit. XXVII, De natural. lib., 1. 3). La curie étairlc sénat des villes municipales. Les membres qui la composaient étaient soumis à des charges fort lourdes; on leur demandait une grande dépense de temps, d'argent, et leur responsabilité était considérable. Il était donc difficile de recruter la curie; et la légitimation des enfants naturels par oblalion à la curie, fut une des mesures imaginées par les empereurs pour encourager les curions à supporter le poids de leurs honneurs. On peut consulter sur les curialcs, notamment les savantes leçons de M. (Juizot sur Y Histoire des origines du gouvernement représentatif, édit. 1855, t. I, p. 313 et suiv. P. P. F. .
2 « Quoique nés de femmes esclaves... » (B.)
(*) Comme autrefois les enfants venus après l'aîné, dans les contrées du Mexique. . Cï.
3 Ce mot vient de l'allemand Morgengab, qui veut dire présent du matin. C'est que celui qui épouse une femme de la manière dont il s'agit, ou de la main gauclie, comme parlent les Allemands, lui fait le lende-
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